Hyphen Hyphen: «On a réussi à mettre notre énergie dans l’album»

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Photo Manu Fauque

En 2016, Hyphen Hyphen avait marqué un grand coup avec son premier album en décrochant la Victoire de la musique du groupe révélation scène de l’année.

Il faut dire qu’en live, nos jeunes Niçois savaient comment faire pour chauffer le public à blanc. Santa, Adam et Line sont de retour aujourd’hui avec un second album « HH » plus complexe, enregistré dans le studio de Air, et qui nous prouvent qu’Hyphen Hyphen n’est pas qu’un groupe de live, pas plus qu’une simple étincelle dans la pop française. Ils sont là pour durer!

De quatuor, vous êtes donc passés à trio.

Santa: « On trouvait cela plus beau sur les photos (rires). Non, en fait, on a abordé cet album de manière très différente. On va avoir 25 ans, et Zac avait envie d’autres choses. On est ami, on voulait que tout le monde soit heureux, et ça passait par là. Il va essayer d’autres voies. »

Vous êtes connu pour être un groupe de live. Pour cet album, vous avez voulu devenir un groupe de studio.

Santa: « Oui, et c’est plus qu’un challenge. Pour moi, c’était vraiment une envie. On voulait canaliser toute cette énergie que l’on déploie sur scène. Le show et notre manière d’être sur scène fonctionnaient très bien. Et là, je crois qu’on a réussi à mettre cette même énergie dans l’album. C’est sans doute dû au fait qu’on est devenu des producteurs de musique, beaucoup plus précis dans notre travail. »

Adam: « Oui, c’était beaucoup plus maladroit sur le premier album. Et là, on avait vraiment l’envie d’être reconnu également en tant que producteur. »

Comment s’est faite la différence au niveau de l’écriture?

Santa: « On voulait onze chapitres qui marchent également indépendamment. Et pas un album avec une seule recette qui se décline. On voulait quelque chose de beaucoup plus pop, avec plus de chansons universelles pour toucher le plus de gens, mais avec de la profondeur. Ça passe par l’envie de grandes mélodies, d’efficacité et un peu plus de rage. »

Il paraît que vous aviez près de 200 morceaux en magasin.

Santa: « Oui, mais c’est notre manière de travailler. Vu qu’on est trois producteurs, on propose énormément de matières. »

Adam: « Ce sont des ébauches de morceaux que l’on décline après, lorsque tout le monde y voit du potentiel. Mais la mélodie peut se retrouver sur une autre phrase. On fait souvent des remixes. »

Line: « Dès qu’on est heureux d’une mélodie, on la prend et on écrit autour d’elle. On aime mettre la voix et la mélodie en avant. Du coup, le reste vient à leur service. »

Santa: « Ça se fait par coup de cœur aussi. C’est un peu ‘old school’ mais moi je considère que si tu ne vois pas l’album comme un objet en soi, avec une écoute de A à Z, ce n’est pas très pertinent artistiquement. Comme les grands albums de Michael Jackson ou de Pink Floyd, on a voulu cette continuité, que tu ne t’emmerdes pas. On veut que tu passes par tout un panel d’émotions qui te font rappeler ton humanité. »

Mais on sent quand même une volonté de faire onze singles potentiels.

Santa: « Notre but n’est pas de ne faire que des singles. Mais je pense que chaque titre, s’il est bien poussé, peut potentiellement faire un single. »

Adam: « Aujourd’hui, on trouve encore beaucoup d’albums à rallonge, avec des morceaux qui ne sont là pour combler, et qui ne pourraient pas avoir une vie indépendante de l’album. Nous, on ne voulait pas de ça. »

Les sonorités sont très diverses. On trouve de la pop, de la house, du R’n’B…

Santa: « On a pris tout ce qu’on aimait, et on a mis tout notre amour et toutes nos histoires. C’est aussi un album qui parle beaucoup plus de nous que le premier. Il y a une vraie implication émotionnelle qui fait que cela résonne encore plus fort. Et du coup, on a choisi les styles selon ce qu’on voulait raconter. C’est une manière de créer que de piocher dans toute l’histoire de la musique et d’en faire sienne. »

Et pour un morceau typé house, par exemple?

Adam: « En fait, on ne se dit jamais ‘tiens on va faire de la house ou de la pop’. On s’est donné totalement quartier libre au moment de la composition. Et après, il se trouve qu’on avait envie de raconter telle chose, et que cela ‘matchait’ bien avec cette production-là. »

Santa: « On aime faire la fête. Certains morceaux sont très UK House des années 90. La décennie de notre naissance. Il y a ce truc de lâcher prise un peu drôle. »

Adam: « Tout en gardant l’harmonie, ce que faisait très bien Moby. Il amenait cette house avec des samples sur de grandes harmonies. »

Sur le premier morceau, on retrouve votre son ample, avec de l’emphase et du lyrisme.

Santa: « On savait que c’était le morceau qui allait ouvrir l’album parce qu’il y a ce truc ‘Prends ma main, je vais te montrer ce que je sais faire’. C’est un morceau fier. C’est ‘Viens et je donnerai tout’. Et ça fait également référence à plein d’autres titres qui nous sont chers. Moi, j’adore ce morceau. On y trouve plein d’illusions sonores. On a énormément travaillé dessus. »

Et on y retrouve le côté tribal. Comme sur vos visages.

Santa: « Je ne dirais pas tribal, mais il y a un mur de sons. On avait envie d’embarquer quelqu’un et qu’il n’ait pas le choix. »

Adam: « Tout en ayant envie de le perdre sur certaines phases. »

Santa: « Je vois l’effet tribal dans l’idée de fédérer. Mais les percussions viennent plus de trucs comme Prodigy ou de la Trance. »

C’est un album de studio qui facilement passer en live.

Santa: « Ah oui! C’est un album de studio parce qu’il marche déjà en tant que tel sur ce format, mais il va résonner encore plus fort sur scène. »

Pierre Jacobs

En concert le 25 août au Festival des Solidarités