Cette artiste recycle les journaux Metro pour faire du street art

Ph. Mu_Lupo

Pour sa dernière œuvre, la street artist Mu_lupo a décidé de donner une nouvelle vie aux journaux Metro. Ses pigeons colorés sont visibles à Bruxelles.

Depuis la fin du mois de mai, trois pigeons colorés, peints sur des vieux journaux Metro, sont apparus sur un pilier du Hall of Fame, au Parc des Etangs, à Anderlecht. Cet endroit qui s’étend sur plusieurs kilomètres sous le ring de Bruxelles est bien connu des amateurs de street art. Cette nouvelle fresque est l’œuvre de Murielle Tisserand, alias Mu_lupo. Nous sommes allés à sa rencontre.

Ph. Mu_Lupo

Une artiste française installée en Belgique

Cette artiste originaire de Nice, dans le sud de la France, s’est installée à Bruxelles il y a six mois. Peintre décoratrice depuis une dizaine d’années, elle est spécialisée dans la réalisation de lettrages, de trompe-l’œil et dans la décoration de façades et de locaux d’entreprise. Il y a quelques années, la jeune femme de 33 ans s’est orientée vers le street art. De passage il y a trois ans en Belgique pour des raisons médicales, elle a finalement décidé de s’y installer.

Un coup de cœur pour Bruxelles

« Bruxelles a été un véritable coup de cœur : la ville offre une scène artistique dynamique et variée, il y règne une émulation au quotidien très inspirante ! De plus, grâce à la sensibilité et à la conviction de Mme Karine Lalieux (ndlr échevine de la Culture et du Tourisme de la ville de Bruxelles) quant au développement du street art à Bruxelles, j’ai la possibilité de pouvoir répondre à des appels à projets ouverts aux artistes et avoir un jour peut-être la chance d’être exposée sur les murs de la ville ! », nous raconte la street artist.

Pourquoi avoir choisi le journal Metro ?

Pour sa dernière œuvre, Murielle a d’abord été inspirée par le journal Metro : « Je le lisais en France, je le lis en Belgique et peut être un jour je le lirai en flamand ! ». « Un soir en sortant du métro, j’ai eu l’envie de récupérer les journaux Metro de la journée pour leurs donner une seconde vie. J’aime le contraste entre le coté naturel du papier et l’image très urbaine de Metro : travailler sur un support recyclable et éphémère tel que le journal présente des possibilités variées de compositions, et s’intègre comme éléments graphiques à part entière dans ma peinture », nous explique la jeune femme.

Les pigeons mis à l’honneur

Une fois les journaux collés sur le pilier, l’artiste a peint des pigeons en utilisant à la fois des peintures acryliques et des aérosols. « J’ai choisi les pigeons comme thème, car c’est l’animal urbain par excellence et qu’à Bruxelles ils sont particulièrement flamboyants. Bien que mal-aimés, j’ai voulu les mettre à l’honneur. On les côtoie partout à travers le monde, sans jamais prendre le temps de les observer : ils sont une véritable armée invisible, une communauté organisée, assez similaire à certains de nos comportements humains… », détaille Lupo.

Murielle Tisserand ne compte pas s’arrêter là et espère à nouveau exprimer son art en Belgique. « J’envisage prochainement d’explorer les murs légaux de Gand et d’Anvers, de répondre aux appels à projet de la ville de Bruxelles, et de continuer à rencontrer/échanger et peut-être collaborer avec des artistes belges », conclut la jeune femme.

Ph. Mu_Lupo