Produire de façon responsable, essentiel pour le développement durable

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Parvenir à un développement durable implique que les consommateurs réduisent d’urgence leur empreinte écologique. Cela ne se fera pas sans un changement des modes de consommation.

Une part considérable de la population mondiale consomme toujours trop peu pour répondre ne serait-ce qu’à ses besoins élémentaires. Dans le même temps, une autre part consomme bien plus de ressources que la planète ne peut en fournir. Le «jour du dépassement», qui marque la date à laquelle l’humanité vit à crédit, arrive chaque année un peu plus tôt (le 2 août en 2017). Selon les calculs du Global Footprint Network, la consommation de l’humanité dépasse ainsi de 70% les ressources disponibles. Cela veut dire qu’il faudrait 1,7 planète pour répondre aux besoins de l’humanité.

Le plus inquiétant est que la situation risque de ne pas s’arranger: l’apparition de classes moyennes dans des pays encore peu développés il y a quelques années va faire peser une pression croissante sur les ressources. «Parvenir à une croissance économique et à un développement durable exige que nous réduisions d’urgence notre empreinte écologique», notent les Nations unies. Cela ne pourra passer que par un changement des modes de production et de consommation.

Des critères rigoureux

Les consommateurs européens soucieux de se tourner vers des produits à l’empreinte écologique limitée peuvent se tourner vers ceux marqués de l’Ecolabel (voir ci-contre). Le label à la fleur permet aux consommateurs de reconnaître des produits de qualité et respectueux de l’environnement tels que des produits d’entretien, des mouchoirs, des chaussures, des gels douche, des savons et même des hôtels. Aujourd’hui, plus de 50.000 produits et services sont labélisés à travers toute l’Europe.

Les labels écologiques sont de plus en plus nombreux, mais l’EU Ecolabel se différencie en prenant en compte le cycle de vie complet d’un produit, depuis l’extraction et la sélection des matières premières, en passant par le processus de production, jusqu’au moment où le produit devient un déchet. La généralisation de ces produits écoresponsables doit favoriser une gestion efficace des ressources naturelles.

«L’important, c’est de faire le premier pas»

Persuadé que tout citoyen, à son échelle, peut réduire l’empreinte écologique de sa consommation alimentaire, Jonas Moerman, expert de l’asbl ecosonso (Région Wallonne), nous livre quelques conseils.

1: «Diminuer la consommation de viande, car sa production demande beaucoup plus de protéines que les légumes par exemple. Et c’est la viande rouge (bœuf, agneau, mouton, etc) qui est la plus «problématique» car les ruminants nécessitent d’importantes ressources et émettent de grosses quantités de méthane. Je ne dis pas qu’il faut être végétarien mais la consommation peut être raisonnée si on diminue les quantités ou si on opte pour la qualité.»

2: «Diminuer sa consommation de produits laitiers, qui nécessitent aussi des animaux et un circuit de production énergivore.»

3: «Optez pour le ‘bio local et de saison’. Outre les problèmes liés aux pesticides, à la production d’intrants et d’engrais, il faut idéalement choisir du ‘bio local’ et éviter les produits acheminés en avion pour des raisons évidentes. Les produits devraient aussi être ‘de saison’. Si les éléments bio proviennent de productions locales issues de serres chauffées, l’énergie utilisée est également très conséquente. Et puis la nourriture «de saison» est meilleure et moins chère. Dans certains cas, des groupes d’achats communs proposent aussi des prix intéressants pour les foyers à la recherche de petites et saines dépenses.»

4. «Si possible, choisir un autre moyen de transport respectueux de l’environnement. Parfois, aller faire ses courses en voiture constitue le plus gros impact carbone de la consommation alimentaire. Du coup, la proximité est à privilégier.»

5. «Eviter les plastiques à usage de très courte durée. Les contenants réutilisables foisonnent et les magasins de vrac offrent une véritable alternative parce qu’ils permettent d’acheter des quantités adaptées à notre consommation.»

6. «Les plats préparés sont pratiques et rapides mais à y regarder de plus près, le rapport poids/prix à l’unité n’est pas intéressant. Prendre le temps de cuisiner ces plats, même avec des produits ‘bio’, sera meilleur marché, plus nourrissant et surtout plus sain.»

7. Toutes les combinaisons sont possibles. C’est une démarche. Quand c’est possible, il faut juste faire le premier pas, aussi minime soit-il.