Les collants en nylon également concernés par l’obsolescence programmée ?

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En France, l’association Halte à l’obsolescence programmée (HOP) a alerté mardi les consommateurs et les marques sur la trop courte durée de vie des collants en nylon.

L’association française Halte à l’obsolescence programmée (HOP) a posé des questions à plus de 3.000 personnes sur le type de collants qu’elles achètent, leur durée de vie moyenne ou encore la raison pour laquelle elles ont jeté leur dernière paire.

Souvent à la poubelle après deux ou trois utilisations

Les femmes interrogées ont répondu que dans 40% des cas, leurs collants finissaient à la poubelle après deux ou trois utilisations, essentiellement parce qu’ils avaient filé ou s’étaient troués. « A l’heure du collant-kleenex, on s’interroge. Le nylon serait-il à dessein fragilisé ? », se demande l’association.

Le rapport intitulé « Collants: cas d’obsolescence programmée ? » avance plusieurs hypothèses de procédés industriels qui entraîneraient une moindre résistance, comme la diminution des additifs chimiques qui protègent le tissu ou la baisse de la qualité des fils de nylon. Mais il n’apporte pas la preuve que les industriels fragilisent les bas.

« Il faudrait un lanceur d’alerte qui soit en entreprise »

« Pour en être complètement sûr il faudrait un lanceur d’alerte qui soit en entreprise et qui nous dise ‘en effet, moi je mets tel dosage pour que ça résiste moins' », explique à l’AFP Laetitia Vasseur, déléguée générale et co-fondatrice de HOP.

« J’ai un chimiste allemand qui l’a affirmé et nous considérons avec nos experts que c’est tout à fait possible », ajoute-t-elle. « On ne peut pas aller jusqu’à la dénonciation dans le cadre d’une procédure juridique aujourd’hui, parce que ce n’est pas comme une imprimante qu’on peut démonter nous-mêmes… »

Le rapport établit aussi un classement des marques en fonction de leur capacité à durer, ressentie par les consommatrices. Les marques de luxe arrivent en tête, tandis que celles produites par les grandes surfaces finissent en bas de la pile.

Mais « aucune de ces marques, quel que soit leur positionnement prix, ne dépasse la note de durabilité de 3 sur 5 ! », s’indigne l’association dans son communiqué.

Des collants plus durables mais aussi recyclables

HOP appelle l’industrie à rendre les collants plus durables mais aussi recyclables. « Le collant, ça n’a rien de très glamour, c’est un produit complètement issu de la pétrochimie », note Laëtitia Vasseur.

Elle préconise, pour rendre les collants plus économiques et plus écologiques, d’inventer par exemple des collants fins « complètement biodégradables et compostables », qui ne dureraient pas mais pollueraient moins. Les collants plus épais devraient eux être renforcés pour durer encore plus longtemps.