Découvertes MiNT : lettre d’amour à Maximilian Hecker

370
Ph. D.R.

On dit de ses fans qu’ils doivent accepter, en écoutant sa musique, de se dévoiler en retour, entièrement, sans retenue. Un nouvel album aussi discret que raffiné s’approche en mai : Maximilian Hecker, l’enfant prodige, est de retour.

Il voulait chanter comme Liam Gallagher, mais cela aurait porté atteinte à sa voix. Alors, Maximilian Hecker a découvert Radiohead : « C’était plus facile à chanter. Je dépensais moins d’air. Ce que j’aime, c’est la fragilité du son. »

On l’écoute pour recevoir le sacrement de sa rare fragilité, on aime le piano qui l’accompagne, le précède, le dissimule au beau milieu des notes, oublié dans son t-shirt blanc ; on admire sa manière d’aligner les mots dans un anglais au-delà de l’impeccable, presque impénétrable, on imite sa diction allemande impeccable. On l’aime à vrai dire, sans le savoir, depuis Kate Moss, l’une des chansons d’amour les plus graves des 15 dernières années.

Ph. D.R.

On a oublié ses débuts, eux aussi fragiles. Un jeune Berlinois, une guitare et un ampli pour s’exprimer dans les rues de la capitale, où il reprend aussi Beck. Multi-instrumentiste, il maîtrise le piano, la basse, la batterie, la guitare et les silences. Son travail ? Une expression à ciel ouvert de ses sentiments. Il chante nos désespoirs amoureux au travers de ses expériences, ce qui lui vaut (à ses débuts, avant le respect) des surnoms peu flatteurs d’éponge à lamentations.

En 2012, il publie « Der Aufstieg und Fall des Maximilian Hecker » (l’ascension et la chute de Maximilian Hecker). Les albums se succèdent, lui conférant un statut de divinité auprès d’un public – restreint – d’initiés.

Maximilian Hecker – My Wretched Love

On aime Maximilian Hecker, car il traîne nos peines et qu’il en a fait de la musique pour qu’on retrouve enfin le sommeil. Et ce nouveau single ne fera pas exception. My Wretched Love est un message envoyé de son Asie d’adoption, où il vit depuis plusieurs années à présent. Le 18 avril, il a démarré à Shanghai une immense tournée chinoise baptisée Sea of Silence, qui traversera toutes les villes de l’empire, avant une retraite allemande, promise quelques jours durant, début 2019. La Belgique ? Peu importe, on ira le voir chez lui.

L’album Wretched Love Songs est lui aussi parti d’Asie le 27 avril pour nous arriver le 18 mai prochain en Europe. Annulez déjà tous les rendez-vous de la terre ce jour-là, au moins dans un coin de votre tête.

Pour le clip de My Wretched Love, Hecker s’est (une fois de plus) offert les mouvements délicats et subtils de la splendide HeaMin Jung, dans un nouvel exercice sans artifice : le corps, les gestes, les instruments, la voix. Cette prodige formée à la Korea National University of Arts vit aujourd’hui à Berlin. La boucle est bouclée.

À ceux qui voudraient entrer en communication avec sa musique, je conseille le titre Kate Moss, sorti en 2003, immédiatement suivi de Dying, 2012. Son site web (sa musique, ses paroles, des vidéos, des courts métrages) : maximilian-hecker.com

Les découvertes musicales de MiNT, du lundi au vendredi à 11h30 et 18h30 sur MiNT.be et via l’application MiNT.