En Egypte, harceler les touristes est maintenant illégal

Ph. Belga

L’Egypte a adopté une loi condamnant toute personne harcelant les touristes à payer une amende de 10.000 Livres égyptiennes (465 €). Cette disposition s’applique aux gens qui aborderaient des visiteurs avec «l’intention de mendier ou promouvoir, offrir ou vendre un bien ou un service».

Pour beaucoup, faire un tour à dos de dromadaire après avoir été sollicité par un local ou acheter une statuette du sphinx à la sauvette fait partie intégrante du voyage en Egypte. Le Parlement, lui, pense que ces pratiques affectent négativement une économie qui représente 12% du PIB du pays. L’approche de l’été et de ses flots de touristes encourage même certains à durcir encore le ton et augmenter le montant de l’amende à 20.000 Livres.

Une économie en berne depuis la révolution

Le tourisme a toujours été une source de revenue importante pour le pays. La révolution de 2011 et le coup d’état militaire de 2013 ont cependant significativement affecté cette économie. Le pays n’a accueilli « que » 8,3 millions de touristes en 2017 contre plus de 14 millions en 2010.

L’année la plus critique a été 2016 où seuls 5,4 millions de visiteurs ont fait le déplacement aux pays des pyramides. Cette baisse s’explique notamment par la suspension des vols entre la Russie et Charm el-Cheikh (Sinaï) après l’attentat qui avait entraîné la mort de plus de deux cents ressortissants russes. Les vols ont repris cette année.

Les vendeurs à la sauvette ne sont donc pas, s’ils le sont tout court, les seuls responsables de cette baisse de fréquentation. Ils voient cette nouvelle loi comme une tentative du gouvernement de cacher la misère qui les touche et de repousser la faute sur « ceux qui luttent pour nourrir leurs familles« .