Mode responsable: L’heure de la révolution a sonné

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Ph. Pexels

Fashion Revolution week, Oxfam Fashion day… la révolution est en route dans le monde de la mode, comme en témoignent les événements bruxellois de ce mois-ci.

D’où proviennent les vêtements que nous portons? Comment sont-ils produits? Quel est l’impact de leur fabrication sur l’environnement? Notre mode de consommation est à l’heure actuelle une question incontournable quant au futur de la planète. Et pourtant, constituer une garde-robe de manière éthique est aujourd’hui possible. C’est là tout l’objectif de la Fashion Revolution.

C’est l’heure de la révolution. Il y a cinq ans l’effondrement du bâtiment Rana Plaza, au Bangladesh, qui abritait un atelier de confection pour des marques internationales, provoquait la mort de 1.133 ouvriers de l’industrie textile et faisait plus de 2.500 blessés. Un an après le drame, le mouvement «Fashion Revolution» voyait le jour au Royaume-Uni. Historiquement célébré le 24 avril (jour de la Fashion Revolution Day), il s’étend désormais sur une semaine (la Fashion Revolution Week, qui a lieu cette année du 22 au 29 avril 2018). Elle réunit des marques et militants d’une mode «responsable» à travers des initiatives organisées dans plus de 92 pays.

Interpeller les marques

Cette semaine, tout un chacun est appelé à s’interroger sur sa manière de consommer et sur son impact sur l’homme et l’environnement. Pour comprendre le cheminement de nos vêtements en partant du cultivateur de matière première, en passant par ceux qui les confectionnent puis les revendeurs, les internautes sont invités à interpeller directement les marques via le hashtag #WhoMadeMyClothes (Qui a fabriqué mes vêtements?).

Le principe est simple: prendre en photo ses habits avec les étiquettes apparentes avant de les poster sur les réseaux sociaux afin d’obtenir plus de transparence quant à la chaîne d’approvisionnement. Une manière de se tourner vers une fabrication plus «sûre, propre et juste», comme le prônent les concepteurs de la Fashion Revolution. Les marques interpellées auront l’opportunité de répondre à leurs clients en dévoilant les coulisses de fabrication de leurs vêtements via le hashtag «IMadeYourClothes».

 

Une Révolution en marche

En 2017, pas moins de deux millions de personnes ont rejoint le mouvement à travers les réseaux sociaux notamment. Quelque 66.000 avaient de leur côté fait le pas de participer à environ un millier d’activités à travers le monde. Un chiffre record, comme l’indique le rapport publié sur le site fashionrevolution.org. Cette mobilisation a permis d’obtenir une réponse de plus de 2.000 marques et détaillants tels que Zara, Marks et Spencer ou G Star Raw sur les conditions de travail de leurs employés. «Notre voix collective est très puissante. En posant la question aux marques, nous avons initié une discussion mondiale sur la transparence de la chaîne d’approvisionnement et commencé à inspirer les gens à réfléchir différemment sur ce qu’ils portent», explique Carry Somers, fondatrice de la Fashion Revolution et directrice des opérations mondiales, dans un communiqué. «Nos questions, nos voix et nos habitudes d’achat ont le pouvoir de changer l’industrie», rajoute cette dernière.

Des progrès à faire

En juin dernier, la Fashion Revolution dénombrait 106 entreprises et groupes ayant dévoilé leurs structures de fabrication de vêtements. Néanmoins, les marques les plus performantes de la liste n’ont obtenu qu’un score moyen de 49 sur 250, d’aucune ne dépassant le nombre 50% en termes de transparence. Bien que de plus en plus de marques acceptent de rendre compte de leur politique et leurs engagements, nombreuses sont encore celles qui ne divulguent toujours pas assez d’informations concernant l’impact de leurs efforts sur la vie de leurs travailleurs et sur l’environnement. Les consommateurs n’ont donc concrètement aucun moyen de savoir si les politiques et les procédures mises en place sont véritablement efficaces.

La Fashion Revolution invite les amoureux de la mode à raconter l’histoire d’un vêtement qui leur tient à cœur sous le hashtag ##Lovedclotheslast (‘Les vêtements aimés durent longtemps’) ou #fashionrevolution. Une manière de partager le bonheur de prendre soin d’un vêtement et de le faire durer plus longtemps.