Le rêve d’une famille de remettre à l’eau le bateau de Jacques Brel

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Belga / N. Maeterlinck

En 1974, Jacques Brel largue les amarres depuis Anvers pour rallier les tropiques sur un grand voilier. Quarante ans plus tard, la famille qui avait vendu les voiles au chanteur a récupéré l’épave du bateau et projette de le ressusciter.

Au départ, c’est l’histoire d’un voilier belge qui traverse deux océans, s’arrête longuement aux îles Marquises, en Polynésie française, où Brel a passé la fin de sa vie avec sa compagne Maddly Bamy… Puis vogue à nouveau, avec d’autres propriétaires aux commandes, vers la Californie et les îles Fidji, avant de s’échouer sur une plage de Nouvelle-Zélande.

C’est là que les Wittevrongel, Piet et son frère aîné Staf, retrouvent dans les années 2000 l’épave ensablée de l’Askoy II. Tous deux se sentent intimement liés à cette épopée maritime. C’est en effet dans la voilerie familiale située à Blankenberge que Jacques Brel est venu s’équiper avant de partir. Les frères décident de rapatrier l’épave sur le littoral belge pour la rénover entièrement en vue d’une remise à l’eau.

AFP / M. Dunand

«Tout le monde disait qu’on était fous», raconte aujourd’hui Piet, en décrivant les trois essais nécessaires avant de parvenir à libérer l’épave du sable. Le voilier de 20 mètres, décrit dans les années 60 par les spécialistes comme un des plus beaux yachts du monde, n’est alors plus qu’une coque vide, rongée par la rouille. Les deux mâts et les boiseries intérieures ont disparu.

Dans le hangar qui abrite la rénovation de l’Askoy II, à la coque désormais repeinte comme à l’origine, bicolore rouge et bleue, une sorte de mini-galerie d’art à la gloire de l’icône belge a vu le jour. L’objectif, explique Piet, est de sortir le bateau du hangar le 9 octobre 2018, pour le 40e anniversaire de la mort de l’artiste. Il tentera ensuite une mise à l’eau le 8 avril 2019, date à laquelle il aurait eu 90 ans.

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