Les fake news sont plus nocives qu’on ne le pense

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Photo bombuscreative / IStock.com

Les informations fausses sont difficiles à ignorer même lorsqu’on sait qu’elles sont inexactes, ressort-il d’une étude menée par des chercheurs de l’Université libre de Bruxelles (ULB).

Les ‘fake news’, soit des informations manipulées ou erronées, influencent ainsi le jugement et la mémoire de l’être humain, souligne l’université. Olivier Klein, directeur du Centre de psychologie sociale et interculturelle de l’ULB a mené, avec deux autres chercheurs -Myrto Pantazi du même centre et Mikhail Kissine du Centre de recherche en linguistique et analyse du discours-, une expérience pour tester la crédulité de l’être humain. Ils se sont inspirés pour ce faire d’un test de Daniel Gilbert de l’université du Texas.

Lors de cette expérience, les participants sont seuls devant un ordinateur et doivent juger Etienne, qui a commis un délit. Pour les aider à déterminer la peine à infliger à cet individu, ils reçoivent plusieurs informations. Certaines sont vraies, d’autres fausses et sont annoncées comme erronées dès le début de l’expérience. Ces dernières peuvent être aggravantes ou atténuantes.

Des infos aggravantes

Il ressort de l’étude que les participants qui ont reçu des affirmations fausses aggravantes ont eu tendance à condamner plus sévèrement Etienne que ceux qui ont reçu des informations fausses atténuantes. Les premiers condamnaient Etienne à 5 ans de réclusion ferme quand les seconds le condamnaient à 3,65 ans en moyenne. Les affirmations fausses ont donc été prises en compte alors qu’elles étaient annoncées comme erronées.

Par ailleurs, les participants se souvenaient aussi en moyenne de 27% des affirmations fausses comme vraies et de 7% d’informations vraies comme fausses.

« La mémoire agit comme une éponge qui absorbe les informations fausses et les transforme en informations vraies. Il est donc difficile d’avoir un jugement critique efficace quand on est confronté en permanence à des fake news », explique Olivier Klein.

L’expérience des chercheurs est expliquée dans une vidéo mise en ligne et les chercheurs proposent également aux internautes de se tester via ce site.

(Découvrez la vidéo sur mobile)