La Russie a-t-elle « falsifié » des preuves à Douma?

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AFP / Louai Beshara

La Russie a peut-être visité le site d’une attaque chimique présumée à Douma en Syrie et aurait « falsifié » des preuves, a déclaré lundi l’ambassadeur des Etats-Unis auprès de l’Organisation internationale pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC).

« Les Russes pourraient avoir visité le site de l’attaque. Nous craignons qu’ils ne l’aient altéré dans l’intention de contrecarrer les efforts de la mission de l’OIAC pour mener une enquête efficace », a déclaré l’ambassadeur, Ken Ward, lors d’une réunion à l’OIAC à La Haye.

Pas d’accès au site

La mission de l’OIAC, sur place en Syrie pour enquêter sur l’attaque chimique présumée perpétrée à Douma, n’a pas encore eu accès au site, avait annoncé plus tôt dans la journée le Royaume-Uni.

Au cours d’une réunion d’urgence du conseil exécutif convoquée lundi, au siège de l’OIAC à La Haye, le directeur général de cette organisation, Ahmet Uzumcu, a fait part de l’évolution de la mission d’enquête envoyée à Damas samedi, au coeur de crispations internationales après l’attaque présumée aux « gaz toxiques » qui a fait des dizaines de morts à Douma selon des secouristes.

« La Russie et la Syrie n’ont pas encore autorisé l’accès à Douma. Accès sans entrave essentiel. La Russie et la Syrie doivent coopérer », a déclaré lundi l’ambassade britannique à La Haye dans un tweet.

Moscou, grand allié du régime syrien, s’est engagé à « ne pas s’ingérer » dans le travail de la mission de l’OIAC, officiellement invitée par les autorités de Damas qui nient toute responsabilité dans le drame de Douma.

Mais lundi, les experts de l’OIAC, arrivés sur place samedi et qui ont pour mandat d’enquêter sur l’utilisation éventuelle d’armes chimiques mais pas d’en identifier les auteurs, n’ont pas encore pu accéder à Douma.

Des accusations « sans fondement »

Le Kremlin a qualifié lundi de « sans fondement » ces accusations. « Dès le début, la Russie a été catégoriquement contre des accusations ou jugements précipités et infondés » sur les éventuels auteurs de cette attaque « et s’est prononcée pour une enquête impartiale », a souligné le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.