Huit recommandations aux entreprises pour faciliter le tri des PMC

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Belga

La fédération des entreprises de l’économie circulaire demande aux producteurs d’emballage de revoir leur conception pour en faciliter le recyclage. Actuellement, seul 80% des PMC sont effectivement recyclés.

Chaque Belge produit en moyenne 75 kg d’emballage par an. Certains, comme le verre et le papier, sont facilement recyclables. D’autres, comme les PMC, peuvent demander des efforts plus élaborés. «Il reste de nombreux emballages dont on ne peut rien faire», déplore Cédric Slegers, directeur-adjoint, de Go4Circle, la fédération des entreprises de l’économie circulaire. «Il est essentiel de mettre au pont des emballages qui se recyclent facilement», plaide-t-il suite à une enquête auprès des différents centres de tri du pays. Actuellement, seul 80% des déchets collectés via les sacs bleus est ainsi effectivement recyclé. Le reste est perdu à cause des erreurs de tri et des déchets collectés mais non recyclés.

Concertation plutôt que mesures contraignantes

Les représentants des acteurs de la distribution se montrent toutefois réfractaires à toute mesure contraignante pour augmenter ce taux. «Il est possible de mettre au point des emballages plus facilement recyclables grâce à une bonne communication entre les centres de tri et les concepteurs d’emballage», plaide Françoise Van Tiggelen, secrétaire général de Detic, la fédération des producteurs de produits cosmétiques et d’entretien. «Ça serait d’autant plus compliqué à mettre en œuvre que nous n’avons que peu de pouvoir sur les emballages des produits importés», assure-t-elle.

La ministre en charge du Développement durable, Marie-Christine Marghem, appelle elle aussi à suivre la voie de la concertation. Elle remarque que «les microbilles de plastique, souvent présentes dans les produits de beauté», et dont l’impact sur l’environnement est depuis longtemps montré du doigt, «seront interdites à partir de l’année prochaine, suite à la concertation menée avec le secteur». L’enquête menée par Go4Circle propose huit mesures pour rendre les emballages plus simples à recycler. «Cette étude va constituer la base d’un dialogue entre tous les acteurs du cycle de vie d’un emballage.»

Les mesures pour des emballages recyclables

  1. Des emballages monomatériaux. Les emballages qui se composent d’une partie en plastique et d’une autre en aluminium sont difficiles à traiter. «En théorie, c’est faisable», souligne Cédric Slegers, directeur-adjoint. «Dans la pratique, c’est compliqué. Ou alors il faudrait quelqu’un qui sépare au cutter les deux éléments… Au final, ça n’est pas traité.»
  2. Des PET transparents. Les plastiques blanc, vert, et bleu se traitent bien. A l’inverse, le brun pose de sérieux problèmes aux centres de recyclage, qui appellent à éviter leur utilisation.
  3. Réduire la taille des «manchons». Ces suremballages en plastique sont parfois utilisés sur des bouteilles, par exemple, pour faciliter une impression. Ils ont surtout un intérêt marketing. En revanche,ils ne facilitent pas le tri.
  4. Réserver les emballages noirs aux produits dangereux. Les centres de tri ont largement recours à des systèmes optiques afin de séparer les différents plastiques. Le noir, qui n’est pas à proprement parler une couleur, s’adapte mal à se dispositif. Go4Circle recommande dès lors de limiter leur usage aux produits dangereux, qui ont souvent besoin d’être protégés de la lumière.
  5. Réduire la densité du plastique et préférer les formes simples. L’un des ennemis des centres de recyclage est la petite bouteille ronde en plastique. De par sa forme et sa densité, elle s’intègre mal dans le flux des déchets.
  6. Privilégier un compactage à l’horizontale, plutôt qu’un vertical. Ce dernier provoque une mauvaise identification par les machines de tri, et rend nécessaire un tri manuel.
  7. Informer les recycleurs des matériaux utilisés. Cela permet d’adapter les systèmes de tri automatique ainsi que le personnel chargé du dernier tri.
  8. Limiter les plastique multicouche. Ces contenants visent à garantir la maniabilité du produit ainsi que sa conservation (les flacons de ketchup nécessitent, par exemple, une couche de protection interne pour contrer l’acidité de la tomate). Une nouvelle génération de bouteille en PET doit permettre de répondre aux attentes de l’industrie tout en rendant le tri possible.
SOURCECamille Goret
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