Test : Far Cry 5 – Make Montana Great Again

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Après un petit détour par l’âge de pierre avec Primal en 2016, la saga Far Cry fait son grand retour. Far Cry 5 plonge les joueurs au cœur de l’Amérique profonde avec, cette fois, un épisode au contexte beaucoup plus réaliste.

Lors de son annonce, en mai 2017, Far Cry 5 avait marqué les esprits. La première image du jeu montrait un groupe de personnages, tous blancs, installés autour du drapeau américain et d’un livre religieux. Quelques mois après l’élection de Trump et de manifestations de suprémacistes blancs, ce premier teaser n’avait pas manqué de susciter l’engouement des antiracistes mais aussi d’agacer l’extrême droite américaine. Dix mois plus tard, Ubisoft a quelque peu revu et corrigé sa copie pour la sortie officielle du jeu. Des personnages noirs sont apparus autour de la table et Far Cry 5 propose non pas de combattre des suprémacistes, mais une secte.

Plongée dans l’Amérique profonde

Religion, fanatiques sous l’emprise d’un gourou et d’une mystérieuse drogue, armes à feu, le tout au cœur de l’Amérique, voici le cocktail explosif de Far Cry 5. Direction Hope County, une région imaginaire, située dans la campagne reculée de l’État du Montana. Joseph Seed, gourou de la secte Eden’s Gate, règne en maître sur le territoire. Il a placé trois «Messagers» au contrôle de trois zones différentes. Il peut également compter sur des milliers de rednecks fanatiques surarmés et sur une drogue qui permet de mieux les contrôler. Votre personnage devra libérer les trois régions de ce culte et venir à bout de Joseph Seed. Avec cet ennemi, Ubisoft cultive sa tradition pour les grands méchants charismatiques. Même si on ne le voit que très peu dans le jeu, le gourou est omniprésent, notamment via ses nombreux messages.

Un vrai open world

La marque de fabrique de Far Cry depuis près de 15 ans est de proposer un FPS se déroulant dans un monde ouvert dans lequel le joueur est libre de se balader, de s’adonner à diverses activités, d’aider la population et bien sûr de suivre le scénario principal. Cette liberté extrême se retrouve dans Far Cry 5. Le début du jeu nous a d’ailleurs semblé un peu brouillon tant la liberté laissée au joueur est grande.

Dans un environnement hostile, rempli de fanatiques et d’animaux sauvages, il nous aura fallu un peu de temps avant de trouver nos marques (on regrettera d’ailleurs l’absence d’une mini-map en bas de l’écran) mais finalement, on trouve rapidement le rythme entre les missions principales, les quêtes annexes et l’exploration du monde ouvert. Peu à peu, on débloque des nouvelles capacités, des armes, des véhicules et surtout des alliés. En effet, le joueur peut compter sur des personnages (mais aussi des animaux) pour l’aider dans les missions. Ils sont d’une aide précieuse.

Hope County regorge de choses à faire. On peut ainsi se mettre à la chasse, à la pêche ou mettre sa combinaison aux couleurs de la bannière étoilée et participer à des épreuves de cascades complètement folles. L’humour n’est pas oublié, loin de là, et les dialogues comme certaines missions contiennent quelques moments épiques. Enfin, Far Cry 5 comporte aussi des dizaines de véhicules à piloter sur terre, sur l’eau mais aussi dans les airs. En tracteur, en quad, en hélico ou en jet-ski, les sensations de conduites sont au rendez-vous.

Seul regret de cet open world, l’environnement est certes très réaliste, mais pas très varié. Au programme: des montagnes, des lacs, des forêts et quelques bourgades. On aurait aimé un peu plus de diversité. Même constat au niveau des missions. La routine s’invite rapidement dans le jeu. Comme dans tous les Far Cry, il faut libérer des avant-postes, délivrer des otages, affronter les fous qu’on croise sur sa route… Tout cela peut rapidement devenir répétitif. Heureusement, le jeu réserve également de nombreuses surprises. Au fil des découvertes et des rencontres, on reçoit toujours des nouvelles choses à faire qui nous envoient aux quatre coins de la map. Il n’y a aucun temps mort et c’est assez addictif. Si bien que paradoxalement, Far Cry 5 est certes parfois répétitif mais aussi amusant et surprenant. La durée de vie est énorme. Comptez une trentaine d’heures pour rendre sa liberté à Hope County et bien une quarantaine d’heures pour compléter toutes les quêtes et les missions.

Enfin, on ne peut pas évoquer Far Cry 5 sans aborder la possibilité de faire l’aventure à deux, via son mode coopération en ligne, une fonctionnalité très sympa. Dans le jeu, on retrouve également un tas de bornes d’arcade et d’affiches qui permettent de lancer Far Cry Arcade. Ce mode de jeu permet de créer ses propres niveaux de Far Cry, de fixer ses propres règles en termes d’objectifs, d’armes, de munition ou de santé et de partager ses créations avec la communauté. Il est aussi possible de directement jouer au niveau mis en ligne par les autres. Le potentiel de ce mode de jeu est énorme!

Une réalisation au top

Du côté de la réalisation, les équipes d’Ubisoft ont mis les petits plats dans les grands. Visuellement, sur la version PS4 Pro que nous avons testée, Far Cry 5 est la première claque graphique de l’année. Les panoramas et les textures ultra-réalistes sont à couper le souffle. Gros coup de cœur également par la musique du jeu, composée par Dan Romer (Beasts of No Nation, Les Bêtes du Sud Sauvage) qui fait partie intégrante du jeu et qui permet de plonger un peu plus le joueur dans l’Amérique profonde.

Dans la lignée des épisodes précédents, Far Cry 5 propose un cocktail explosif qui ravira les fans de la saga. La recette est connue et la lassitude n’est jamais bien loin mais porté par un scénario original, une réalisation exemplaire et un open world immersif, Far Cry 5 est un bon jeu qui réserve des heures d’amusement et de surprises.

REVIEW OVERVIEW
Far Cry 5