Les Pays-Bas arrêteront les extractions de gaz naturel à Groningue d’ici 2030

Belga/C. Van Der Veen

Le gouvernement néerlandais a annoncé jeudi que les Pays-Bas arrêteraient d’ici 2030 les extractions de gaz naturel à Groningue (nord), où l’exploitation du plus grand gisement de l’Union européenne provoque des séismes qui endommagent les habitations.

Nous allons réduire la production de gaz à Groningue à 12 milliards de m3 d’ici 2022, pour tomber à zéro m3 dans la prochaine décennie, soit avant 2030, a déclaré le Premier ministre Mark Rutte lors d’une conférence de presse.

L’organisme public de surveillance des mines néerlandaises avait conseillé à l’Etat en février de réduire de près de la moitié les extractions, soit de passer de 21 milliards de m3 à 12 milliards de m3, pour préserver la sécurité des habitants de la région. Les extractions s’élevaient encore à 53,9 milliards de m3 en 2013.

Des séismes fréquents

La région est fréquemment secouée par des tremblements de terre dus aux poches de vide formées lors de l’extraction du gaz. De faible magnitude mais proches de la surface, ces séismes ont déjà provoqué de nombreux dégâts dans les habitations, fermes et bâtiments historiques.

Un séisme en janvier de magnitude 3,4, le plus fort dans la région depuis 2012, a été la goutte de trop pour les habitants, qui ont multiplié les manifestations, notamment auprès du Parlement.

Le gouvernement, qui avait annoncé suivre le conseil de l’organisme public de surveillance des mines, a donc décidé de prendre des mesures plus drastiques.

Des extractions qui doivent cesser

Même au seuil des 12 milliards de m3, la sécurité n’est pas garantie. Le danger de séismes reste toujours là. Nous devons donc tout simplement stopper les extractions, a affirmé aux journalistes Eric Wiebes, ministre des Affaires économiques et du Climat.

Plus de 200 grandes entreprises des Pays-Bas avaient déjà été sommées en janvier par le gouvernement de cesser de s’approvisionner d’ici 2022 en gaz naturel produit à Groningue.

Si techniquement, il est possible de poursuivre les extractions de gaz pendant encore au moins un quart de siècle, la production ne peut pas être défendue quand il s’agit de problèmes de sécurité, a déclaré M. Wiebes. Jusqu’à présent, nous avons toujours combattu les symptômes, et non la cause, a-t-il déclaré, faisant référence aux nombreuses compensations qui doivent encore être allouées aux habitants.