La NASA dévoile des photos exceptionnelles de Jupiter

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NASA/SWRI/JPL/ASI/INAF/IAFPS / AFP

La sonde spatiale américaine Juno a dévoilé de nouvelles photos de Jupiter qui permettent de mieux comprendre cette mystérieuse planète.

Les vents violents qui forment des bandes nuageuses à la surface de la planète gazeuse Jupiter s’enfoncent sur 3.000 km: la profondeur de ces bandes, un des mystères de la plus grosse planète du système solaire, a été dévoilée grâce à la sonde Juno, selon Nature.

Vue de l’espace, Jupiter est divisée en bandes horizontales de couleurs chaudes, qui tournent à des vitesses différentes. Ces bandes sont créées par des couronnes de vents intenses circulant alternativement vers l’est et vers l’ouest. Mais le mécanisme de ces bandes et leur profondeur restaient un mystère pour les astronomes.

« Un grand pas »

«C’est un grand pas. Maintenant, nous comprenons que les planètes gazeuses géantes sont composées d’un centre à la rotation uniforme (…) et d’une enveloppe externe composée de zones qui tournent à des vitesses différentes», explique à l’AFP Tristan Guillot de l’Observatoire de la Côte d’Azur en France, coauteur de trois des études publiées mercredi dans la revue britannique.

NASA/JPL-Caltech/SwRI/ASI/INAF/JIRAM

«Nous avons constaté que les vents, tels qu’ils apparaissent à la surface, s’étendent sur environ 3.000 km sous le niveau des nuages», ajoute Yohai Kaspi de l’Institut Weizmann de la Science en Israël, auteur principal d’une des études.

Un coeur constitué d’un mélange d’hydrogène et d’hélium

L’atmosphère de Jupiter représenterait environ 1% de la masse totale de la planète. «En comparaison, l’atmosphère de la Terre est inférieure à un millionième de la masse de la Terre», ajoute Yohai Kaspi. Le fait que les vents pénètrent à cette distance considérable permettrait d’expliquer la surprenante asymétrie nord-sud du champs de gravité de Jupiter.

Selon ces études, les chercheurs ont pu établir que le coeur de Jupiter est très différent de ce que la planète laisse voir à sa surface: il serait constitué d’un mélange fluide d’hydrogène et d’hélium tournant, lui, uniformément, un peu comme le ferait un corps solide.

NASA/JPL-Caltech/SwRI/ASI/INAF/JIRAM

Les pôles également observés

La sonde spatiale américaine Juno a pu survoler également les pôles de Jupiter et s’approcher à moins de 5.000 kilomètres au-dessus de la couche nuageuse de sa haute atmosphère.
A partir de ces données, traitées dans un quatrième article, Alberto Adriani de l’Institut national d’astrophysique en Italie et ses collègues avancent qu’au pôle nord, huit cyclones tournent autour d’un seul grand cyclone. Tandis que le pôle sud est encerclé par cinq de ces ouragans géants.

NASA/JPL-Caltech/SwRI/MSSS/Gerald Eichstädt

«Les structures cycloniques que nous observons autour des pôles de Jupiter n’existent autour d’aucune autre planète du système solaire», explique Alberto Adriani. Mais leurs origines et leur incroyable durée de vie restent inexpliquées. «Mieux comprendre Jupiter, qui est très probablement la première planète formée à partir de la nébuleuse solaire, est un premier pas vers la compréhension de la formation de notre système solaire lui-même», souligne Alberto Adriani.

AFP PHOTO / NASA
NASA/JPL-Caltech/SwRI/MSSS/Kevin M. Gill

Des images retraitées par des passionnés

Le Figaro explique que Juno est équipement d’une petit caméra, la Junocam, « qui prend des images brutes noir et blanc à trois longueurs d’onde différentes (rouge, vert et bleu) ». Ces photos sont directement mises en ligne sur le site de la mission. Une communauté de passionnés du monde entier s’occupe ensuite de recomposer et de retraiter ces images. Ils les soumettent ensuite à la NASA qui en utilise certaines pour illustrer ses dernières découvertes.

NASA/JPL-Caltech/SwRI/MSSS/Gerald Eichstädt