Il faut 500 ingénieurs de plus en Belgique francophone par an

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Ph. Belga / Jean-Sebastien Evrard

Il manque 500 nouveaux ingénieurs par an en Belgique Francophone. C’est le constat d’une étude de deux fédérations d’ingénieurs, la FABI et l’UFIIBl ainsi que trois fédérations d’entreprises. Ils mettent en garde : si la pénurie se poursuit, elle pourrait devenir un frein pour le développement économique de la Wallonie tant les secteurs en demande se multiplient.

Les chiffres concernent les trois types de formations en ingénierie, civil, industriel et bioingénieur. Les évolutions scientifiques et technologiques visent aujourd’hui à relever les défis modernes de nos sociétés comme l’énergie et l’environnement, la lutte contre le réchauffement climatique, la mobilité, la sécurité des citoyens, de la cité et des bâtiments, les traitements innovants dans le domaine de la santé… Dans ces secteurs, le besoin en ingénieur est énorme. Tellement énorme que des pénuries apparaissent. Et si depuis quelques années le nombre de diplômés stagne, voire augmente, le nombre d’inscrits en première année a légèrement baissé. Ainsi, en 2017, le nombre d’inscrits est passé à 2.633 alors qu’il était de 2.642 en 2016.

On « importe » des ingénieurs

Si la différence est minime, elle marque un coup d’arrêt à la lente augmentation détectée les années précédentes. Cette baisse d’inscriptions touche essentiellement les ingénieurs civils et industriels alors qu’à l’inverse, le nombre d’inscrits en bioingénieur augmente « semble-t-il, ce serait dû à l’examen de médecine », selon George Bollen de la Fédération d’Associations Belges d’Ingénieurs civils et Bioingénieurs (FABI). Cela peut faire craindre que certains se redirigent vers la médecine par après. Les entreprises belges en viennent même à « importer » des ingénieurs venus de l’étranger pour combler les trous. Mais pourquoi cette pénurie ? Pour les professionnels du secteur, les études et les débouchés de l’ingénierie manqueraient de visibilité chez les jeunes. « Le problème de l’ingénieur est un problème de visibilité du métier. Quand vous dites médecin, tout le monde voit tout de suite de quoi il s’agit. L’ingénieur, lui, est dans 36 métiers différents. Il est difficile de donner une image correcte », commente Georges Bollen, secrétaire générale du FABI.
80 % de satisfaction

Pour les représentants du secteur, il faut améliorer la visibilité et la promotion de la profession auprès des jeunes. Pour Francis Carnoy, directeur général de la Confédération Construction Wallonne, le constat est sans appel : « Nous avons besoin d’ingénieurs tant civils qu’industriels dans nos entreprises. Il est donc primordial que les secteurs professionnels et le monde de l’enseignement et de la formation poursuivent leurs efforts en travaillant ensemble sur la promotion des compétences et des métiers liés aux sciences, mathématiques, technologie et ingénierie ». Et ils peuvent compter sur un argument de poids. Dans une enquête de satisfaction menée en 2017, les ingénieurs déclarent une satisfaction de 80 %. Un chiffre écrasant alors que le blues du travail et les burnout se multiplient. Les raisons de ce si bon score ? Des rôles qui font sens vis-à-vis de la société mais également des rétributions souvent confortables.