La double formation, l’atout majeur ?

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Ph. Belga / Jean-Pierre Clatot

Vous l’aurez compris, le secteur des ingénieurs est en pénurie. Pourtant, les exigences en matière de formation ne diminuent pas et augmentent même. Ainsi, plus d’un ingénieur sur deux, tout type confondu, dispose d’une formation complémentaire.

C’est la réalité du monde du travail qui change, les ingénieurs ont de plus en plus besoin de multiplier les pôles de compétence pour satisfaire les demandes des entreprises. Les employeurs attendent aujourd’hui de leurs ingénieurs qu’ils maîtrisent des compétences de gestion pour remplir leurs missions. Un avis qui est partagé par Thierry Castagne, directeur général d’Agoria Wallonie. « On insiste dans les profils d’ingénieurs civils et industriels, sur à la fois une compétence technologique et scientifique forte, mais également une ouverture sur tout ce qui est softskills et notamment ce qui est en liaison avec la gestion », résume-t-il. Il salue par conséquent les efforts entrepris par les universités et hautes écoles pour offrir aux futurs ingénieurs une double diplomation en six ans leur permettant de multiplier leurs compétences. « On a des gens (sortant de la formation) extrêmement intéressants pour les entreprises au sens large. Ce sont des gens parfaitement à la pointe dans le domaine scientifique et technologique mais aussi à la pointe au niveau gestion. C’est une double compétence très recherchée », enchérit Thierry Castagne qui y voit une bonne évolution. Car jusqu’à il y a peu, il était courant que les ingénieurs fraîchement diplômés reprennent le chemin de l’université ou des hautes écoles pour deux années supplémentaires pour refaire, le plus souvent, un master en gestion.

Les secteurs technologiques en forte demande

Que ce soit dans les technologies de la mobilité, médicales, environnementales, énergétiques, ferroviaires, aéronautiques,… La demande augmente et pouvoir compter sur des ingénieurs conscients de leur environnement professionnel est un plus. « Quand vous êtes ingénieur civil dans l’informatique, par exemple, vous êtes de plus en plus confronté à devoir installer des applications dans un environnement spécifique ou devoir concevoir une stratégie informatique. Cela suppose de bien connaître la réalité business et applicative », confirme le directeur d’Agoria Wallonie. Si les compétences en gestion de projet sont les plus demandées, les compétences en gestion des ressources humaines, en top management et en marketing ont aussi le vent en poupe.