La voiture électrique est moins chère… sur le long terme

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Si on en parle de plus en plus dans les médias, on en voit encore bien peu sur nos routes. En effet, à peine 0,5% des voitures neuves immatriculées en Belgique en 2017 étaient électriques, selon Test Achats.

Ce qui rebute? Le prix, évidemment. Les modèles essence ou diesel restent encore aujourd’hui nettement moins chers que les véhicules électriques. De 26.000 € pour une VW Golf VII 5 portes essence à 39.000 € voire 40.000 € dans sa version électrique ou hybride essence rechargeable.

Et pourtant, tout le monde sait que le coût d’une voiture ne s’arrête pas à son seul prix d’achat. Il faut mettre dans la balance les taxes, assurances, carburants, et entretiens, mais aussi son prix de revente. Et à ce petit jeu, le prix d’un véhicule électrique sur sa durée de vie totale ne serait pas si éloigné des autres, voire même plutôt inférieur.

 

Test Achats a demandé à un bureau d’étude spécialisé de comparer et mettre en parallèle tous les coûts d’utilisation des voitures selon leur motorisation, tout en tenant compte des exigences européennes qui vont vers davantage de sévérité en termes de pollution. L’hypothèse étant également que ce véhicule connaîtra trois propriétaires successifs (qui rachètent à la valeur du marché) durant une vie d’environ 16 ans.

Que coûtera, par exemple, une petite familiale achetée en 2020 en Wallonie pour les propriétaires successifs? Dans sa version essence, la note finale atteindra près de 65.100 €. Un chiffre qui descend à 60.500€ pour une hybride essence rechargeable, qui remonte à 62.200 € en version diesel, et retombe à 59.300 € dans son modèle hybride diesel rechargeable. Et pourtant, c’est bien le modèle électrique qui décroche la palme, avec un montant de 57.100 €, soit 8.000 € de moins que l’essence.

Rentable pour le second acheteur

«La voiture électrique est, au final, la moins chère de toutes les motorisations, suivie des hybrides rechargeables», explique Leo Muyshondt, expert Mobilité chez Test-Achats. Il y a toutefois un gros bémol: «Pour l’instant, ce sont le second et le troisième propriétaire de la voiture électrique qui en tirent un avantage financier». Le coût serait en effet le même, quelle que soit la motorisation, pour le premier acheteur. En cause? Une forte perte de valeur durant les premières années de vie. Tout profit donc pour ceux qui se tourneraient vers le marché de l’occasion pour une électrique ou une hybride.

Grâce à une fiscalité plus avantageuse, la Flandre encourage l’achat des voitures électriques au détriment des moteurs classique, tandis qu’en Wallonie et à Bruxelles, ces fiscalités sont globalement les mêmes. Selon Leo Muyshondt, «le moment où la voiture électrique reviendra moins cher pour le premier propriétaire qu’une voiture comparable à essence se situe entre 2020 et 2025 en Flandre, contre 2025 à 2030 en Wallonie».

D’autres freins plus concrets

Le prix d’achat n’est pas l’unique obstacle pour celui qui voudrait sauter le pas. D’une part, l’autonomie de ces véhicules est encore relativement limitée, comme le signale Test-Achats, et ne permet pas de longs trajets. D’autre part, le choix des modèles est assez limité: une trentaine électrique contre près de 420 à essence ou diesel. Enfin, les délais de livraison peuvent être particulièrement longs, ce qui n’encourage pas l’achat.

Les défis sont donc nombreux. Il faudrait d’abord que les constructeurs diversifient leur offre pour s’adapter à tous les profils. Il conviendrait ensuite d’augmenter radicalement l’autonomie des voitures électriques. Enfin, la fiscalité doit également s’adapter aux évolutions technologiques et environnementales, la Wallonie et Bruxelles ayant un retard à combler sur ce terrain.