Oscars 2018 : Guillermo del Toro triomphe avec « La forme de l’eau »

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AFP PHOTO / FREDERIC J. BROWN

«La forme de l’eau» a remporté l’Oscar du meilleur film dimanche, la quatrième récompense de la soirée pour cette romance fantastique du réalisateur mexicain Guillermo del Toro, grand favori de la soirée.

Il a devancé «3 Billboards, Les Panneaux de la vengeance» qui s’est aussi illustré avec l’Oscar de la meilleure actrice attribué à Frances McDormand en mère endeuillée.

Le conte fantastique «La forme de l’eau», à mi-chemin entre thriller et comédie, narre l’histoire d’amour entre deux anti-héros, une femme de ménage muette (Sally Hawkins) et un monstre reptilien dans un laboratoire gouvernemental où il est captif.

Les effets comiques et l’hommage aux comédies musicales de l’âge d’or hollywoodien ont conquis l’Académie des arts et science du cinéma, qui a attribué quatre statuettes à une oeuvre nominées dans 13 catégories.

L’une d’entre elles a été remise au Mexicain Guillermo del Toro pour saluer son talent de réalisateur. Son long-métrage atypique avait déjà été récompensé d’un Lion d’Or à Venise, du Golden Globe du meilleur réalisateur, des prix du Syndicat des réalisateurs d’Hollywood, des producteurs d’Hollywood (PGA). La bande originale du film a valu au compositeur français Alexandre Desplat de décrocher le second Oscar de sa carrière. Les décors de «La forme de l’eau» ont aussi été oscarisés.

A l’heure où les Etats-Unis sont en proie à un délicat débat sur l’immigration, notamment en provenance du voisin mexicain, le réalisateur n’a pas manqué de souligner ses racines durant ses remerciements.

Frances McDormand, meilleure actrice

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Son film était talonné dans la course aux Oscars par le long-métrage de Martin McDonagh «3 Billboards, Les panneaux de la vengeance». Il a décroché la statuette de la meilleure actrice dans un rôle principal attribué à Frances McDormand. Elle incarne une mère endeuillée et en colère qui cherche par des moyens incongrus à restaurer la vérité et la justice. Elle a attribué sa récompense à toutes les femmes dans l’industrie du cinéma à Hollywood. Elles ont été invitées à se lever dans un moment d’émotion alors que la soirée était empreinte du mouvement #MeToo, lancé après les révélations d’harcèlements sexuels sur le producteur déchu Harvey Weinstein. «3 Billboards, Les panneaux de la vengeance» a aussi raflé l’Oscar du du meilleur second rôle masculin pour la performance de Sam Rockwel, anti-héros policier raciste et violent.

Gary Oldman, meilleur acteur

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Le comédien Gary Oldman a été récompensé par l’Oscar du meilleur acteur pour son interprétation fiévreuse de l’homme d’Etat britannique Winston Churchill dans «Les heures sombres». L’Oscar du second rôle féminin a été attribué, comme escompté, à Allison Janney qui interprète dans «Moi, Tonya» la mère colérique, alcoolique et abusive de la patineuse artistique américaine Tonya Harding.

Passé derrière la caméra, l’audace de Jordan Peele a été récompensée d’un Oscar du meilleur scénario pour le film «Get Out» qu’il a écrit et réalisé. Le film d’horreur dénonce aussi le racisme latent dans la société américaine.

Le Chili a été mis à l’honneur dimanche à Hollywood avec l’Oscar du meilleur film en langue étrangère attribué à «Une femme fantastique», du réalisateur chilien Sebastian Lelio. Le long-métrage, auquel figure l’actrice transgenre Daniela Vega, dresse le portrait d’une femme né dans un corps d’homme qui se bat après le décès de son compagnon.

Dans la catégorie film d’animation, «Coco» du groupe Disney a fait l’unanimité avec l’histoire d’un petit garçon poursuivant ses rêves, sur fond de la fête des morts au Mexique. Le titre «Remember Me», du couple à la ville Kristen Anderson-Lopez et Robert Lopez au aussi récolté l’Oscar de la meilleure chanson.

Des robes sombres

A Los Angeles, comme lors des dernières cérémonies de remise de prix cinématographiques, le mouvement #MeToo a teinté les robes de gala, dont nombreuses étaient sombres, et les prises de paroles. L’émancipation des femmes dans le milieu cinématographique après le scandale Harvey Weinstein était le message politique des stars hollywoodiennes réunies au Dolby Theater. Une vidéo présentée par Ashley Judd, Salma Hayek et Annabella Sciorra, trois actrices victimes des pressions du producteur Harvey Weinstein, a compilé une série de témoignages plaidant en ce sens ainsi que pour l’ouverture d’Hollywood aux minorités.