Slimane, artiste multi-casquettes

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Ph. Samir Bahrir

Malgré un emploi du temps millimétré, c’est avec le sourire que Slimane s’est confié à Metro sur son rôle de coach dans «The Voice Belgique». Après la sortie de son deuxième album ‘Solune’, qui ne vient que confirmer son talent d’auteur, compositeur et interprète, il entamera bientôt une tournée qui passera par la Belgique. Une année chargée durant laquelle l’artiste s’illustrera notamment sur grand écran dans un film sur la culture hip-hop, et durant laquelle il pourrait s’atteler à un autre projet: la scène.

Les premiers duels étaient mouvementés. Comment avez-vous vécu votre nouveau rôle de coach?

«Mal (rires). Il faut relativiser, c’est une belle histoire pour tout le monde, même pour ceux qui partent. J’ai essayé de décider sur le moment et de ne pas trop réfléchir avant. Mais avec les duels, c’était aussi la première fois que l’on travaillait ensemble. Du coup, c’était formidable de pouvoir leur donner des conseils et d’échanger. C’est à partir de ce moment-là que je me suis dit que finalement je méritais d’être coach.»

Vous avez d’ailleurs évoqué cette question de la crédibilité avec beaucoup d’émotion lors des premiers duels. C’est quelque chose qui vous travaille?

«C’est vrai que je me suis posé la question de la légitimité, notamment si ce n’était pas trop tôt après mon passage à moi dans ‘The Voice’. Et puis, même en termes d’âge, sachant qu’il y a certains de mes talents qui sont plus âgés que moi. »

« Mais de plus en plus j’ai l’impression de pouvoir dire que je suis crédible».

C’est un avantage, d’avoir été à leur place?

«J’ai eu la chance d’avoir eu un très bon coach mais on ne peut jamais savoir comment on se sent quand on est talent. Les autres coachs ne peuvent pas le comprendre. C’est vrai que j’ai tendance parfois à mettre le point sur un sujet où un coach ‘normal’ ne le ferait pas. Finalement, je pense que c’est un très bel avantage. Et en plus, mes talents ont été super cools. Ils m’envoyaient des messages de soutien quand ils savaient que c’était un peu tendu autour de la sortie de l’album. Il y a vraiment une très très belle énergie.»

Vous faites des choix de chansons très éclectiques pour vos talents, comment trouvez-vous le titre qui leur correspond le mieux?

«Sur la première émission (Jonathan/ Samuel et Paak/ Eliot, ndlr), sincèrement, je trouvais que cela pouvait faire de très beaux duos plus que des duels. À chaque fois, j’ai pris la décision de manière différente en me disant par exemple que pour les deux grosses voix de l’équipe, il fallait que ça soit un combat de titans.»

Vous percevez déjà les talents qui pourraient atteindre la finale?

«Dans mon équipe, il y en a qui se révèlent au fur et à mesure. Mais ce qu’ils font aujourd’hui n’a rien à voir avec ce qu’ils ont présenté à leur audition. Pour moi, le plus important, c’est quand les gens me touchent, même quand j’étais le seul à me retourner. Je pense à Andreia que je trouve incroyable.»

Le succès n’est pourtant pas garanti pour le gagnant. Qu’est-ce qui permet de se démarquer?

«Sincèrement, je ne sais pas. Des fois, je repense a tout ce qu’il s’est passé depuis deux ans. Il aurait fallu que je rate mon train et que je ne puisse pas aller à ‘The Voice’. C’est le destin. Dans la vie il y a une partie de chance, une grosse partie de travail et de sincérité.»

Ph. Samir Bahrir

Comment avez-vous abordé la sortie de ce deuxième album après le succès du premier?

«C’est un gros stress. Le premier a bien marché, du coup, on se pose des questions sur le deuxième (rires). Quand j’écris une chanson, je me demande tout le temps si les gens vont comprendre ce que j’ai envie de dire.»

Dans la chanson ‘Solune’, vous expliquez d’ailleurs que ces deux dernières années n’ont pas toujours été très roses.

«Oui, j’apprends à réorganiser ma vie, à faire un peu plus attention à moi, ma famille, aux gens que j’aime et c’est ce qui m’a permis à un moment donné de sortir l’album. C’était surtout pour moi un moyen de dire la vérité et que tout n’est pas aussi beau que ça. Je voulais vraiment raconter ce qu’il s’était passé pour moi en deux ans.»

C’est un album dans lequel vous exprimez beaucoup de mélancolie.

«Tous les artistes que j’aime profondément ont fait ce genre d’album. Je pense à Diam’s, Brel, Aznavour… Je ne me vois pas faire de la musique autrement que comme ça. La seule chose que j’ai essayé de faire, c’est de parler de choses qui me touchent. »

« Si une chanson peut faire du bien à une personne, j’aurai réussi mon pari.»

En interprétant «Au-delà», vous faites également le choix d’aborder le thème de la spiritualité.

«Ce titre vient de mes rencontres avec Pascal Obispo. Un jour, je lui ai dit que j’avais grandi avec ses chansons et que j’aimerais bien qu’il m’en fasse une. Il m’a fait écouter ‘Au-delà‘. J’en suis tombé amoureux. Je trouve ça beau de parler de croyance et je n’ai pas honte de parler de religion. Je suis musulman, je crois en dieu et je n’ai aucun problème avec ça. Pour la petite histoire, dans la chanson, je fais des petites vibes orientales, il y a un chœur qui fait le miserere catholique et il y a un instrument traditionnel juif. Si j’avais pu, j’aurais mis un truc bouddhiste (rires).»

C’est aussi un album d’hommage à des chanteurs comme Johnny Hallyday, Brel mais aussi à vos parents, vos amis…

«Oui, parce que j’ai fait cet album comme si c’était le dernier. Ce n’est pas pour être pessimiste mais, au contraire, profiter de tout. J’ai encore plein de choses à faire. Là, je viens de tourner un film, j’ai peut-être envie de faire un spectacle… Quand pendant dix ans, tu frappes à toutes les portes pour qu’il y en ait une qui s’ouvre, je ne vais pas les refermer.»

Comment s’est déroulée cette première expérience sur grand écran?

«C’était un vrai plaisir de travailler sur ce film. Franchement, ça m’a donné envie d’en faire encore. Dans ‘Break’, je joue un rôle super solaire d’un mec qui s’appelle Malik, qui est incroyable, toujours en train de faire des blagues, il a réponse a tout, il aide tout le monde.»

Et cette histoire de spectacle?

«J’ai plein d’envies mais rien de particulier. Dans tous les cas, je vais continuer d’écrire et peut-être, pourquoi pas, un jour écrire un spectacle. Là, j’écris pour moi mais je ne peux pas en dire plus. (rire)»

Slimane sera en concert le 4 mai à Forest National