Désintoxiquer son corps et la planète en bannissant le plastique

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Ph. D.R

Invisibles à l’œil nu, les perturbateurs endocriniens sont présents partout dans notre quotidien. Qu’il s’agisse des objets en plastique avec lesquels nous sommes en contact, ce que nous consommons ou nous appliquons sur la peau, tous contiennent une part de toxicité qui impacte lentement, mais sûrement, notre santé et la planète. Après de nombreuses recherches sur le sujet, Alice Gubri, auteure du blog «Consommons sainement», nous livre 101 astuces et DIY pour un «quotidien sain et écologique» dans son ouvrage «Zéro plastique zéro toxique».

Suite à votre démarche zéro déchet, vous avez fait le choix d’aller encore plus loin en abordant les toxiques qui nous entourent comme les perturbateurs endocriniens. Doit-on s’en inquiéter au quotidien?

«Oui il faut s’en inquiéter. À la base, j’ai en effet commencé par le zéro déchet. Puis c’est par mes lectures sur internet, et de petits cours de toxicologie, que je me suis aperçue que nos shampoings, crèmes hydratantes industrielles… étaient littéralement composés de plastique, jusque dans la composition du produit en lui-même. C’est un problème de société et de santé publique. Nos produits du quotidien ne sont pas inertes, le choix que l’on fait durant nos courses, aussi bien en alimentaire qu’en cosmétique, a un impact sur l’environnement et sur notre santé. Ce qui est le plus scandaleux, c’est que l’on s’empoisonne sans le savoir et souvent en pensant bien faire.»

Vous dites qu’il y a des perturbateurs endocriniens partout.

«Ça va de nos emballages alimentaires à nos produits cosmétiques, ménagers et même nos meubles. Même si il n’y a qu’un peu de paraben dans notre shampoing, on va quand même être en contact avec des centaines de petites choses telles que celles-ci durant la journée. Au cours des jours, des semaines et des années, ces perturbateurs endocriniens vont s’accumuler dans notre corps. Ça s’appelle la «bioaccumulation». À un moment, ils vont être en telle quantité dans notre organisme qu’ils vont être potentiellement dangereux pour la santé. Il faut donc une consommation plus durable qui permet de protéger sa santé sur le long terme.»

Les perturbateurs endocriniens se retrouvent dans pratiquement tout. Pourquoi avoir fait le choix de traiter plus spécifiquement le problème du plastique?

«Le but du livre n’est pas d’utiliser zéro plastique. Même s’il est parfois nécessaire, comme dans les ordinateurs par exemple, il s’agit d’un matériau très très courant, presque inévitable dans notre quotidien. En l’évitant au maximum, cela va permettre de limiter la très grande majorité de nos déchets ainsi que nos sources de perturbateurs endocriniens.»

Pour de nombreuses personnes, le fait de recycler le plastique est déjà un grand pas pour l’environnement.

«Oui, le recyclage c’est bien mieux que de ne pas recycler un produit du tout parce que cela permet d’économiser des matières premières. Le problème c’est qu’il s’agit d’un processus très énergivore. Il faut collecter les déchets de porte à porte, les trier, et le plus souvent ils sont recyclés à l’autre bout du monde, en Chine. Après on va refondre à haute température le plastique, plusieurs fois, en billes puis en objet. Il en va de même pour le verre.

Par quoi doit-on commencer quand on souhaite réduire sa consommation de plastique?

«Le zéro plastique, c’est très difficile. Moi j’y suis quasiment arrivée parce que j’habite à côté de plein de magasins qui me permettent d’acheter des aliments en vrac. Le but est de faire sa part à son échelle et de réduire au maximum ses déchets sans que ça devienne pénible. Personnellement, ce qui m’a le plus motivé a été de fabriquer mes cosmétiques et de savoir ce que j’appliquais sur ma peau tous les jours. Mais pour d’autres, ça pourrait être de faire ses propres produits ménagers. Pour le coup, côté santé, ça va être extrêmement bénéfique de remplacer ses produits ménagers par du vinaigre blanc parce que la plus grande majorité des produits que l’on utilise sont extrêmement toxiques. On ne se rend pas forcément compte mais on les inhale, ou on en avale en mettant les doigts dans la bouche. Donc c’est une habitude qui va vous permettre de réduire votre exposition aux produits toxiques.»

Et pour éviter le plastique?

«L’astuce qui va permettre d’économiser beaucoup de plastique ça va être de remplacer petit à petit tout ce qui est jetable par leur version réutilisable (rasoir en plastique par un en inox qui dure 15 ans, réduire l’utilisation de vaisselle en plastique, utiliser des cotons lavables…). Et deuxièmement, réduire au maximum les emballages de nos aliments. Et en plus, c’est moins cher. N’oubliez pas que quand vous achetez un aliment emballé, 15% du prix est juste consacré à cela. Quand on évite les emballages, cela touche autant le côté sanitaire qu’environnement. Il s’agit donc d’une des actions à mettre en place en priorité.»

Ph. D.R

Quelles sont les matières idéales pour remplacer le plastique?

«Pour les emballages alimentaires, soit on achète sans rien autour soit on privilégie le verre car il s’agit d’un matériau inerte donc sain. En particulier pour l’huile, préférez une bouteille en verre qu’en plastique car les perturbateurs endocriniens vont migrer plus facilement dans un aliment gras. On peut aussi remplacer le plastique par l’inox quand c’est possible. Essayez aussi d’éviter tout ce qui est aluminium, notamment les canettes de soda et les boîtes de conserve. L’intérieur de celles-ci est couvert d’un vernis qui contient des perturbateurs endocriniens. Une dernière chose va être de remplacer les sacs en plastique par du tissu pour acheter son vrac ainsi que ses fruits et légumes.»

Côté sanitaire, y a-t-il un produit du quotidien dont on doit se méfier le plus?

«Malheureusement ce n’est pas seulement un produit. Ce qui est très pervers avec les perturbateurs endocriniens c’est qu’ils sont très nombreux et assez difficiles à repérer. On est quasiment sûrs que tous les cosmétiques industriels, que vous achetés, que ce soit en pharmacie ou en supermarché, contiennent des perturbateurs endocriniens ou d’autres substances toxiques. Si on veut les éviter sans pour autant les faire soi-même, il faut les acheter certifiés bio.»

Parmi toutes les recettes que vous conseillez aux lecteurs, y en a-t-il une dont vous ne pourriez plus vous passer aujourd’hui?

«Le déodorant parce que c’est une recette ultra simple. En quelques secondes et pour quelques centimes, on a un pot de déodorant pour les trois prochains mois et il est tout à fait sain et très efficace. Ça fait des années que je l’utilise. Ça me permet aussi d’éviter l’aluminium qu’il y a dans les anti transpirants, de plus en plus liés aux cancers du sein, et les autres perturbateurs endocriniens présents dans les déodorants industriels. Cela illustre à quel point protéger sa santé, et l’environnement au quotidien, peut être extrêmement simple et économique. C’est accessible à tous.»

Je fais mon déodorant maison à la noix de coco

ingrédients :

• 6 cuillerées à soupe d’huile de coco vierge et biologique

• 4 cuillerées à soupe de bicarbonate de soude ou de sodium alimentaire

• quelques gouttes d’huile essentielle de tea tree (facultatif)

Mélangez les deux ingrédients pour former une pâte blanche . En hiver, pour faciliter le mélange, placez votre pot d’huile de coco près d’un radiateur quelques minutes pour l’assouplir . Pour augmenter l’efficacité de ce déodorant, ajoutez quelques gouttes d’huile essentielle de tea tree (arbre à thé) . Antibactérienne, elle contribuera à détruire les bactéries à l’origine de l’odeur de transpiration . Appliquez à l’aide d’un doigt une toute petite quantité de la préparation sous chaque aisselle, et massez légèrement .

Ph. D.R

Ce déodorant très puissant est une bonne alternative aux déodorants conventionnels et à la pierre d’alun . Souvent considérée comme un produit sain, cette dernière est néanmoins composée d’un dérivé de l’aluminium naturel, dont la nocivité fait débat parmi les toxicologues . Mieux vaut donc l’éviter !