« La Mécanique burn-out », quand le corps dit stop

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« C’est comme si on traversait un feu » : une assistante sociale, un berger, une cadre de banque, un cuisinier et un responsable associatif racontent, dans un documentaire mercredi sur France 5, comment le travail les a rongés de l’intérieur, jusqu’à ce que leur corps dise « stop ».

Ces femmes et hommes « avaient trouvé un équilibre dans leur travail » qui « un jour se rompt », « et alors là c’est le vide », raconte Elsa Fayner, la réalisatrice du documentaire « La Mécanique burn-out », diffusé à 20H55 sur France 5. Dans ce film de plus d’une heure, tous racontent une même histoire: une carrière professionnelle riche mais stressante, les nerfs et le corps qui lâchent, une phase de dépression puis un lent et difficile travail de reconstruction.

L’idée était de « faire sentir au plus près du vivant, de la chair, ce que c’est que de traverser cette crise », développe Mme Fayner, journaliste indépendante spécialiste des questions de santé. Le « burn-out », souvent traduit en « épuisement professionnel », surgit brutalement dans un quotidien de travail pourtant bien huilé.

« L’usure complète du corps »

Il serait plus approprié d’évoquer « un effondrement professionnel », décrypte dans le film Danièle Lienhart, sociologue du travail. S’arrêter quelques semaines pour récupérer ne suffit pas, il faut parfois « deux ans, trois ans » pour se rétablir, dit-elle.

« Ca n’est pas de la fatigue, c’est de la vieillesse, l’usure complète du corps, du système nerveux, des glandes, de tous les organes », explique une cadre travaillant dans la banque. Pour elle, « c’est comme si on traversait un feu: on voit rien extérieurement et à l’intérieur on est dévasté ». C’est « mon cerveau qui a dit stop », raconte de son côté un chef cuisinier, en arrêt depuis « presque un an », régulièrement trahi par une mémoire défaillante. D’autres évoquent une perte de poids, d’orientation, mais aussi des troubles de la vue, de l’audition, du sommeil, une baisse de tension parfois.

« Les gens se consument comme une chandelle », illustre Robert Neuburger, psychiatre et psychanalyste, en référence au terme de « burn-out ». Comment ne pas tomber dans le piège? En prenant du recul sur sa vie professionnelle, en diversifiant ses centres d’intérêt, dit-il. « Il faut garder quelque part une petite lumière, un endroit où vous récupérez, où vous vous sentez bien ».

SOURCEAFP RelaxNews
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