Un océan sans oxygène a causé une extinction massive d’espèces

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Ph. Nasa

La cause probable de l’une des plus importantes extinctions de masse que la Terre ait jamais connue, il y a 374 millions d’années, est la chute spectaculaire de la teneur en oxygène des océans.

Telles sont les conclusions d’une recherche dirigée par David De Vleeschouwer (ex-VUB) et récemment parue dans la revue «Nature Communications».

Suite à ce qui n’était alors qu’un concours de circonstance, sur une période de 600.000 ans tout de même, près de 80% de toutes les espèces vivant sur la planète avaient alors disparu.

Des plantes voraces

Cette étude, qui lie des changements climatiques cycliques à des paramètres astronomiques, comme l’excentricité de l’orbite terrestre autour du soleil, apporte ainsi un éclairage nouveau sur cette extinction de masse.

Durant la période géologique du Dévonien, la Terre avait alors connu une colonisation rapide et intensive du continent primitif par des plantes terrestres, sous un climat chaud et tropical. À cause de cela, d’immenses quantités de matériel végétal se sont retrouvées dans l’océan. La décomposition de cette biomasse a absorbé tellement d’oxygène que la vie océanique est ensuite devenue presque impossible.

Cette extinction de masse a par ailleurs coïncidé avec un moment où la Terre tournait autour du soleil dans une orbite presque parfaitement circulaire. En conséquence, les saisons extrêmes ont été évitées pendant longtemps et les courants marins verticaux ont été en grande partie réduits au silence en raison de l’absence de différences de température «saisonnières», de sorte qu’aucun oxygène frais n’a pu pénétrer dans l’eau de mer.

Des preuves géologiques

David De Vleeschouwer a à présent découvert que la nature cyclique des variations de la forme de l’orbite autour du soleil peut être utilisée pour mesurer à quelle vitesse l’extinction de masse a eu lieu.

«Celle-ci a été accélérée par l’orbite circulaire de la Terre autour du soleil», explique le chercheur. «Mais la raison de la disparition massive des espèces est tout de même la sursaturation des océans par du matériel végétal au même moment. La preuve géologique de ceci peut être trouvée dans deux couches de schiste noir, une roche qui peut également être trouvée en Belgique. La couleur noire indique que les roches ont été formées dans un environnement pauvre en oxygène. En outre, le schiste stratifié est rempli de matériaux fossiles et organiques bien préservés, précisément parce que le processus de décomposition n’a pas commencé en raison du manque d’oxygène.»

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