«Game of Thrones» : En Islande, au-delà du Mur

2007
Ph. D.R.

A l’occasion de la sortie en DVD aujourd’hui de la septième saison de « Game of Thrones », Metro s’est rendu en Islande, où de nombreuses scènes ont été tournées depuis le commencement de la série. En compagnie du responsable des lieux de tournage, nous avons marché dans les traces de Jon Snow et des Marcheurs Blancs.

Depuis le début de la diffusion de « Game of Thrones », le nombre de touristes a triplé en Islande, passant de 566.000 en 2011 à 1,8 million de visiteurs en 2016. Même si cette augmentation est due en grande partie à l’éruption du fameux volcan Eyjafjöll en 2010.

Nous sommes début novembre, les jours raccourcissent mais la neige se fait attendre. L’hiver n’est pas encore arrivé…

Notre périple commence en compagnie d’Einar Sveinn Thordarson, responsable des lieux de tournage de la série en Islande. Il nous explique tout d’abord comment les lieux sont sélectionnés : « Je travaille en étroite collaboration avec le producteur Chris Newman, qui connaît aussi très bien l’Islande. Il me dit ce qu’il recherche et nous faisons un choix en fonction de photos que je sélectionne. Puis, nous allons en repérage. »

Près de 50 lieux différents en Islande apparaissent dans la série, la plupart servant de décors à la zone « au-delà du Mur ». Pour cette septième saison, l’équipe de la série a tourné dans trois régions situées au Sud de l’Islande. Nous nous sommes rendus dans deux d’entre elles.

En haut du Mur

Après 70 kilomètres en super jeep au départ de Hvolsvöllur et un chemin de terre escarpé, nous arrivons à Dyrhólaey, en haut du véritable Mur ! Il ne fait qu’un tiers de la hauteur visible dans la série mais est tout aussi impressionnant. La vue sur l’immense plage de sable noir en contrebas est époustouflante ! C’est là que se situe l’Eastwatch, l’une des bases de la Garde de nuit.

Ph. HBO

Il est difficile de faire la comparaison avec ce que l’on voit à l’écran : « Beaucoup de choses sont rajoutées en postproduction », nous explique en effet Einar. Mais même sans la neige et la glace, on s’y croirait. Ces grands espaces ont quelque chose de fantastique et mystérieux et nous plongent complètement dans l’ambiance de la série.

La plupart des tournages se déroulent en automne et en hiver. « A cette période, on ne peut filmer que 4 heures par jour car on n’a pas de véritable lumière avant 11h du matin », explique notre guide qui précise que « les acteurs sont vraiment très courageux ».

Nous quittons ensuite la route qui fait le tour de l’île pour nous enfoncer dans les terres, direction Þórsmörk, le point de départ de nombreuses randonnées. C’est la région de tournage préférée d’Einar. Nous y sommes seuls au monde. Après avoir traversé une rivière, nous arrivons dans un canyon du nom de Stakkholtsgjá. C’est là qu’a été tournée (attention spoiler) la scène de la capture d’un Marcheur Blanc par Jon Snow et sa bande.

Le tournage de cette scène de combat a duré trois jours avec une équipe de 110 personnes. On imagine les acteurs dans un froid glacial. « Nous avons dû déneiger au bulldozer pour avoir accès au canyon en hiver et avons dû placer des ponts temporaires sur la rivière », explique Einar.

On l’a compris, les tournages en Islande ne sont pas des plus faciles. Et pas seulement en raison de la météo. « On ne peut pas filmer partout, c’est plus difficile qu’ailleurs. Par exemple, on ne peut couper aucun arbre car ils sont sacrés ici. » L’Islande est très exigeante en ce qui concerne la protection de l’environnement. C’est également parfois difficile de fermer certaines routes.

Une poignée de secondes à l’écran

Certains lieux ne sont en outre utilisés que pour de courtes scènes, comme celle où l’un des dragons de Daenerys s’envole avec une chèvre à Mereen dans la saison 4. « Cela nous a pris une journée de tournage », indique Einar. Certains endroits ne sont même utilisés que pour une poignée de secondes à l’écran voire même simplement que comme effet spécial : par exemple, la vapeur dégagée par les fumerolles –nombreuses en Islande- simulent une tempête de neige. Certains lieux ne servent également que d’inspiration comme Grjótagjá, la grotte où Ygritte et Jon Snow consomment leur relation dans la saison 3. Elle a été entièrement reconstruite en studio.

Ph. HBO

Si les tournages ne sont pas de tout repos, les lieux sont en tous cas assez facilement accessibles. « On doit parfois se servir de trucks ou faire un peu de marche mais pas besoin d’hélicoptère », nous dit Einar. L’équipe voit d’ailleurs de temps en temps quelques touristes débarquer, ce qui peut poser problème pour la protection de l’intrigue. « Mais en général, tout se passe bien, on leur explique qu’ils ne peuvent pas être là et ils s’en vont gentiment », explique-t-il en souriant.

Ce périple sur la Terre de feu et de glace n’a pas été qu’une fantastique plongée dans l’ambiance de « Game of Thrones » mais aussi la découverte d’un pays où la lumière, les grands espaces et la pureté des paysages poussent l’esprit à s’évader.

www.inspiredbyiceland.is

La carte interactive des lieux de tournage en Islande: http://ferdamalastofa.gistemp.com/vefsjar/kvikmyndir/

Game of Thrones (saison 7)

L’hiver est arrivé sur Westeros et les Marcheurs Blancs avec lui. Dans le Nord, Jon Snow, conscient de la terrible menace qui approche, tente d’unifier toutes les maisons du Nord et les Sauvageons. De son côté, Daenerys Targaryen et sa gigantesque armée ont accosté à Westeros et s’installent à Peyredragon. À Port-Réal, Les Lannister, esseulés, recherchent désespérément des alliés. Mais pendant ce temps, les Marcheurs Blancs avancent et les rivalités vont devoir faire place à l’union afin d’empêcher le pire. Cette avant-dernière saison, composée de sept épisodes, annonce la fin de la série la plus regardée au monde. Malgré quelques incohérences, notamment au niveau de la rapidité des événements, cette 7e salve se révèle d’une très grande intensité. D’habitude très lente, la série s’accélère à un rythme effréné, offrant quelques rebondissements. L’attention est davantage donnée au spectacle avec des plans et des effets spéciaux époustouflants. Même si elle n’est pas la saison la plus subtile de la série, cette avant-dernière salve nous laisse toutefois plein d’espoir pour l’ultime chapitre. Les bonus du DVD proposent des traditionnels commentaires audio mais surtout un documentaire (45 min) très intéressant en deux parties sur les coulisses du département artistique ainsi qu’un making of (30 min) revenant sur les moments forts de la saison 7.

Série : 4/5     Bonus : 4/5