Les abattages de loups divisent les scientifiques

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AFP / L. Venance

Autoriser l’abattage de loups encourage-t-il le braconnage ? La question divise les scientifiques.

Depuis des décennies, les pouvoirs publics autorisent l’abattage sous contrôle des loups, espérant ainsi améliorer leur cohabitation avec l’homme et mieux les préserver. Mais la méthode ne fait pas l’unanimité parmi les scientifiques.

Une étude portant sur quinze ans de cette pratique dans les Etats américains du Minnesota et du Wisconsin avait fait grand bruit en 2016. Elle affirmait qu’autoriser des abattages de loups pour éviter le braconnage pouvait au contraire encourager la chasse illégale. Selon ses auteurs, lorsque des abattages ont été autorisés, la croissance de la population de loups a été « réduite de 25% à cause du braconnage« .

Querelle scientifique

Les conclusions de ces travaux sont contestés par un chercheur du Norwegian Institute of Nature Research. Cette étude a « de sévères lacunes« , accuse-t-il. La conclusion selon laquelle le braconnage augmente avec les abattages autorisés « ne s’appuie sur aucune preuve empirique« , juge Audun Stien.

 

Des critiques jugées « pas convaincantes » par un spécialiste des grands carnivores, Chris Darimont, de l’université de Victoria.

Le loup de retour en Belgique

Celui-ci trouve « intéressant que lorsque des chercheurs mettent en cause des conceptions de la gestion de la vie sauvage fondamentales et admises depuis longtemps, leur travail soit autant critiqué« . « Défier le statu quo fait grincer des dents et fait entrevoir aux gestionnaires de la vie sauvage que les stratégies menées jusqu’à présent étaient peut-être erronées », dit-il.

 

En France, l’abattage de 40 loups a été autorisé entre le 1er juillet 2017 et le 30 juin 2018. A la fin de l’été, 22 loups avaient été « prélevés« . En Belgique, il n’y a officiellement pas de loup. Mais l’animal aurait toutefois été aperçu à plusieurs reprises dans les Ardennes, confirmant son retour progressif dans les forêts du pays.