Le marché des écharpes et des masques antipollution en plein essor

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Face aux chiffres alarmants des décès prématurés liées à la pollution atmosphérique, des vêtements filtrants, arrivent sur le marché pour limiter les risques d’exposition aux particules fines. Le point sur ces dernières innovations. 

Triste constat, la pollution atmosphérique reste la première cause environnementale de décès prématurés à ce jour. En France, elle a entraîné 48.000 décès prématurés en 2016, selon l’agence Santé publique France, et près de 500.000 en Europe, d’après le dernier rapport annuel de l’Agence européenne pour l’environnement publié en octobre.

Inspirée des masques pour cyclistes fortement exposés aux gaz d’échappement, l’offre d’écharpes ou de foulards antipollution imitant l’aspect de vêtements classiques est en train de s’élargir. Même si des pays comme la Chine ou les mégalopoles très polluées semblent davantage visés par ce type d’innovations, les startups qui ont investi le marché commercialisent leurs produits un peu partout sur la planète.

BioScarf, une écharpe intelligente qui bloque les particules

Après avoir contracté une maladie respiratoire en Chine lors d’un voyage d’affaires, Carlton Solle, un promoteur immobilier américain sensibilisé à l’environnement, a décidé de lancer BioScarf, une première écharpe qui intègre une protection antipollution.

L’innovation, réalisée à partir de matières recyclées récupérées dans l’environnement et nos poubelles comme le PVT et le PET, est capable de bloquer « les particules jusqu’à 0,1 micron avec une efficacité de filtration de 99,75% », selon la start-up qui avance des tests concluant effectués en laboratoire aux Etats-Unis.

Concrètement, trois couches filtrantes agissent sur les micro-particules présentes dans l’air : les plus grosses particules liées au pollen, aux champignons ou encore à la poussière sont filtrées ainsi que les « PM 2,5 » que l’on retrouve dans la pollution atmosphérique, englobant certaines bactéries.

L’écharpe, disponible en trois coloris (noir, blanc et kaki) au prix de 33 euros, permettrait aussi de se protéger efficacement de certains virus présents dans l’air, comme la grippe ou ceux provoquant des rhumes. Portée par des valeurs éthiques, la startup prévoit des donations d’écharpes à des personnes les plus à risque dans les pays de développement.

Wair, un foulard connecté

En France, c’est une styliste française, Caroline Van Renterghem, qui a lancé une solution innovante similaire en 2016. Son foulard antipollution, baptisé Wair, est composé de trois couches également et se décline en deux modèles. La première en charbon actif absorbe les odeurs et les gaz, la seconde fait barrage aux bactéries et enfin une dernière barrière filtre les plus grosses particules (poussières…), les particules les plus fines pouvant mesurer jusqu’à moins de 0.1μm (=PM0,1μm) ainsi que les pollens.

Afin d’identifier le moment le plus opportun pour s’équiper, le foulard est connecté à une appli, Sup’Airman, qui analyse la qualité de l’air environnante en temps réel.

Preuve que le marché n’est pas prêt de s’essoufler, un masque antipollution R-pur, fabriqué par une entreprise française et conçu pour les utilisateurs de 2-roues compte parmi les 31 projets tricolores qui ont reçu des « Innovation Awards » avant même de présenter leur projet au CES 2018 en janvier prochain aux Etats-Unis. En cours de financement participatif sur la plate-forme Indiegogo, le produit est d’ores et déjà disponible en pré-commande.

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