Le mystère du Magritte disparu est résolu

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AFP / E. Dunand

La quatrième et dernière pièce manquante -partie supérieure droite- de « La pose enchantée », oeuvre de René Magritte datant de 1927 mais dont on avait perdu la trace depuis 1932, se dissimulait donc derrière une autre peinture du maître.

« Dieu n’est pas un saint », oeuvre de 1935, était exposée au Musée Magritte de Bruxelles. Cette découverte, fruit d’une collaboration entre le musée et le centre européen d’Archéométrie de l’Université de Liège au sein du projet « Magritte on practice », a pu être réalisée grâce à un panel de techniques d’imagerie in situ et non invasives.

Mi-octobre, les méthodes d’imagerie utilisant photographie très fine, fluorescence de rayons X, microscopie ou encore spectroscopie ont abouti à la découverte de cette quatrième partie de l’oeuvre, indique David Strivay, chargé de cours au centre européen d’Archéométrie de l’ULg.

L’imagerie MA-XRF utilisée a même permis de découvrir avec certitude les couleurs choisies par l’artiste pour cette oeuvre de jeunesse, précise Catherine Defeyt, chercheuse au centre européen d’Archéométrie de l’ULg.

AFP / Emmanuel Dunand

La première partie -la supérieure gauche- du tableau avait refait surface en 2013, rappelle Michel Draguet, directeur général des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, à l’occasion de l’examen par rayons X effectué au MoMA de New York du « Portrait » (1935). Ensuite, la partie inférieure gauche de « La Pose » fut identifiée au Moderna Museet de Stockholm, dissimulée sous « Le Modèle Rouge » (1935). Et en 2016, la partie inférieure droite se révèle être cachée sous « La condition humaine » (1935), conservée au Norwich Castle Museum.

L’idée aujourd’hui est de poursuivre ces recherches afin que d’autres oeuvres disparues de Magritte puissent refaire surface, espère Michel Draguet. « Une dizaine d’oeuvres manquent encore », ajoute Catherine Defeyt.

Enfin, il reste l’espoir que « La pose enchantée » puisse être exposée en entier, en mettant côte à côte ses quatre parties. Une idée qui demanderait une coopération entre les musées détenteurs des tableaux.

SOURCEBelga
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