Amir: « Je me débride sur ce deuxième album »

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Ph. Yann Orhan

Dans la continuité de son premier album «Au cœur de moi», Amir lève un peu plus le voile sur celui qu’il est vraiment. Chanteur passionné par son quotidien d’artiste après sa révélation dans The Voice France et son passage à l’Eurovision, c’est en toute simplicité, et sans prétention aucune, qu’il ose enfin aborder le thème de l’amour et prêcher la paix. Un univers qui lui promet un autre beau succès auprès de son public.

Votre deuxième album arrive très rapidement après le premier.

« Oui, ces deux albums ont un vrai lien. Il y avait une volonté d’inscrire la suite juste après la sortie du premier que j’ai écrit sans savoir quel serait son destin, s’il allait être écouté ou pas. J’avais l’impression d’être coupé au milieu d’une phrase face aux gens.

« J’ai voulu donner la suite de l’histoire. »

Pourtant, sur celui-ci vous traitez d’un autre sujet: l’amour.

« Le public m’a donné une sensation tellement protectrice que je me suis senti libre de pouvoir exprimer tout ce que je n’ai pas osé aborder dans le premier album où il y avait plus de retenue. Peut-être parce qu’au début je voulais plaire à tout le monde. Je me débride sur ce deuxième album et j’aborde l’amour sans aucun complexe. Chose que je n’ai volontairement pas faite avant parce que je sortais de The Voice avec une étiquette de crooner.»

Vous êtes-vous inspiré de vos propres expériences ?

« En partie, mais il y a aussi des sujets que je voulais consciemment aborder pour transmettre des messages.»

Lesquels ?

« Dans ‘Anja’, je n’ai évidemment pas eu l’occasion d’éduquer une enfant en période de guerre mais j’ai voulu montrer la beauté du mensonge, quand un adulte dépeint à l’enfant une réalité qui est beaucoup plus belle que celle qui existe sur terre. Pour moi, c’est un sujet qui sera toujours actuel malheureusement. »

Vous avez été élevé en partie en Israël, le fait d’aborder le thème de la paix a-t-il une connotation particulière pour vous ?

« Je pense qu’aujourd’hui la différence est moins perceptible entre ce qu’il se passe en Europe et ce que j’ai pu voir en Israël lors de mes années là-bas. J’ai l’impression parfois que la terre entière est devenue un champ de bataille. Ma volonté, même si c’est peut être idyllique, de voir la paix sur la terre ne fait que s’exacerber de jour en jour. En tant qu’artiste, il est important de transmettre des idées auxquelles je crois et de ne pas avoir peur d’espérer. »

Votre femme vous accompagne sur la chanson « Idéale Idylle ». Comment l’avez-vous convaincue d’y laisser sa voix alors qu’elle souhaite se tenir éloignée du milieu ?

« Malgré le fait qu’elle se tient à l’écart des projecteurs, elle a été chanteuse quand elle avait 18 ans. C’est d’ailleurs elle ma principale conseillère pour tous mes morceaux. On n’aurait jamais cru qu’on allait faire ça mais elle l’a entendu et elle m’a dit que si ça me faisait plaisir il n’y avait pas de problème. J’apprécie sa démarche parce que je sais qu’elle n’a pas forcément envie de voir son nom étalé, elle ne cherche pas à lire des articles la concernant. On est vraiment radicalement différents et ça se contrebalance parfaitement. Ce n’est pas le début de quelque chose mais juste un petit épisode de nos vies qui a été immortalisé. »

Comment gérez-vous ce succès fulgurant tous les deux ?

« On s’est tous les deux habitués progressivement et du coup on est venu avec un certain recul. Durant l’année sur les routes, j’arrivais de temps en temps à avoir l’atmosphère familiale parce qu’elle était avec moi parfois dans le tour-bus. Si on a réussi à vivre tout ça et à le surmonter sans problème particulier, ça démontre qu’on est un couple solide. »

Vous êtes passé de dentiste à chanteur, êtes-vous un homme heureux aujourd’hui ?

« Avant je pensais que la musique était plutôt un hobby et que je devais avoir un métier plus classique parce que c’est ce que je voyais autour de moi depuis toujours. Une fois le diplôme en poche, j’ai pris de l’assurance et du courage et je me suis dit que je n’avais rien à perdre de transformer ce hobby en profession. Rien n’était gagné au départ. »

Ph. Yann Orhan

Vous n’avez pas peur que tout s’arrête ?

« Tout le temps. »

Vous avancez avec une épée de Damoclès au-dessus de votre tête ?

« Non, parce que je serais beaucoup moins productif. Ca fait peur mais on se focalise sur le bon côté des choses. Je vis chaque jour comme si c’était le dernier. Je pense que la partie de ma vie vécue en Israël m’aide pour ça. »

De quel artiste rêveriez-vous d’avoir la carrière ?

« J’ai commencé dans l’idée que Patrick Bruel était mon modèle. Il est pour moi un exceptionnel exemple de réussite. »

Vous participez à « La France à un incroyable talent ». C’est un nouveau job pour vous.

« Au départ, c’était un guest job sur la finale il me semble sauf qu’il y a eu le scandale [Gilbert Rozon est accusé d’agressions sexuelles, NDLR] qui a malheureusement forcé l’émission à faire des changements. Soprano et moi avons accepté de devenir juré alors que ce n’était pas initialement prévu, ça a permis que le programme puisse trouver une nouvelle forme. Je me suis mis dans la peau d’un spectateur, je n’ai pas la prétention, à l’heure actuelle, de coacher. Il suffit d’exprimer ce que je ressens. C’est ce que j’ai essayé de faire et c’était très très intéressant. »

Il y a d’autres expériences qui vous feraient rêver ?

« J’aimerais savoir jouer la comédie. »

Les frontières sont très floues quand on monte sur scène. Au fur et à mesure on réalise qu’on a aussi une part de comédie à jouer dans l’interprétation d’une chanson. J’avais pris des cours d’art dramatique il y a trois ans mais aujourd’hui, j’ai moins le temps. Peut-être que d’ici quelques mois ou années, quand ça se calmera un peu, je prendrai une pause et je le ferai. »

Amir sera en concert le 9 décembre au Centre culturel de Bastogne, le 10 décembre au W:Halll à Bruxelles, le 1er mai 2018 au Théâtre Royal de Mons et le 2 mai 2018 au Forum de Liège

SOURCELaura Sengler
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