Les véhicules électriques ont besoin d’un coup d’accélérateur en Belgique

Belga / G. GOBET

Avec 560 véhicules totalement électriques vendus sur notre territoire lors de ce 3e trimestre, la Belgique reste à la traîne. Si ce constat est à nuancer, «seule une politique volontariste dopera ce segment encore freiné par des mesures insuffisantes», juge la fédération automobile belge (FEBIAC).

D’après la fédération sectorielle européenne ACEA, la quasi-totalité des pays de l’Union ont vu leurs ventes de véhicules totalement électriques décoller ce 3e trimestre. Les derniers chiffres font état de 23.841 voitures vendues (+61%) sur le Vieux Continent mais la progression reste limitée en Belgique où 560 voitures du genre ont été écoulées (+21%).

«Mais ces chiffres sont à nuancer», lance le directeur des études de la FEBIAC Michel Martens. «Ils doivent être comparés avec le taux de pénétration de ces véhicules en Europe. En détail, on se rend compte par exemple que la République Tchèque possède un des meilleurs résultats avec une progression de 93%. Mais ce pays part presque de zéro avec ses 40 véhicules en 2016.»

La Flandre, meilleur élève

En Belgique, la Flandre fait figure de meilleur élève. Si le nombre de bornes électriques installées y est plus élevé, la Région flamande a surtout développé les abattements fiscaux les plus avantageux pour les particuliers. Les trois Régions du royaume leur permettent de payer la plus petite taxe de mise en circulation (TMC) et la plus petite taxe de circulation annuelle possibles mais la Flandre offre en plus à ses citoyens qui ont opté pour l’électrique des «bonus émissions zéro» de l’ordre de 4.000 € à 5.000€.

Ces dernières années, la Belgique a enregistré d’importants progrès. Quelque 3.500 bornes de recharge ont été placées, des incitants fiscaux mis en place, la technologie a évolué… Mais malgré ces avancées, de nombreux facteurs doivent encore être améliorés pour encourager l’achat de tels véhicules (cfr encadré). «Proportionnellement, les entreprises achètent aujourd’hui davantage ces véhicules que les particuliers parce qu’elles peuvent en assurer les frais (achat, entretien, structures, etc.).»

Seules des réformes supplémentaires pourraient doper ce secteur et séduire un public toujours réticent, souligne Michel Martens qui critique un manque de volonté politique. «Sans investissements étatiques en termes de fiscalité, de mobilité, d’infrastructures… qui accompagnent les avancées technologiques, il n’y aura pas de progrès spectaculaires.»

Quatre axes d’amélioration

Photo D. R.

D’après le directeur des études de la FEBIAC Michel Martens, le régime fiscal peu avantageux, les trop peu nombreuses bornes de recharge, l’absence de prix démocratiques et l’autonomie limitée des véhicules électriques sont les quatre principaux facteurs qui enrayent la percée de ce secteur.

  1. «Le régime fiscal n’est toujours pas suffisant et il est toujours moindre que dans d’autres pays européens.»
  2. «Il y a également trop peu de bornes de recharges: Le pays compte quelque 3.500 points de recharge, majoritairement en Flandre, mais ce n’est pas suffisant. Il faudrait faire une campagne de communication pour informer le public sur leur localisation, les moyens de paiement possibles, etc.»
  3. «Les prix élevés et l’offre limitée de véhicules totalement électriques restent des freins à leur développement. Elle se limite à des véhicules assez chers. On attend l’arrivée de véhicules «démocratiques» qui ne s’élèveraient pas au-dessus des 20.000€. il y a des exceptions, mais les prix sont encore trop chers.»
  4. «Enfin, l’autonomie des véhicules n’est pas assez élevée quand on compare ‘le profil de mobilité’ des consommateurs. Car certes, l’électricité coûte moins cher que les carburants mais il faut faire beaucoup de kilomètres pour rentabiliser cet avantage.»

Gaëtan Gras