Trump, un an déjà!

AFP / Jim Watson

Un an après son élection, le 45e président des États-Unis, Donald Trump, n’est toujours pas devenu présidentiel, analyse Tanguy Struye, professeur en relations internationales à l’UCL et spécialiste des États-Unis.

Le 8 novembre 2016, le monde se réveille inquiet: Donald Trump est élu à la tête d’une des plus grandes puissances mondiales. Les dirigeants internationaux ne savent que penser de ce septuagénaire peroxydé, taxé de sexisme et de xénophobie par ses adversaires et dont les déclarations provocatrices ont rythmé une campagne présidentielle qui aura profondément divisé les Américains.

Un an plus tard, Donald Trump n’a pas rassuré, estime Tanguy Struye. « L’inquiétude reste grande vu l’imprévisibilité, le manque de constance, les tweets et les déclarations de M. Trump », explique-t-il. Pour Amine Ait-Chaalal, également professeur en relations internationales à l’UCL, l’inquiétude a plutôt laissé la place à la perplexité.

« On observe deux attitudes face à ce style assez neuf, disruptif, transgressif, iconoclaste de Donald Trump », explique-t-il. « On a d’un côté la méthode du président français, Emmanuel Macron, qui tente d’établir un contact et de l’autre celle de la chancelière allemande Angela Merkel qui réagit en invitant l’Europe à devenir plus autonome. »

33% de popularité

Cette différence de prise de position montre, selon ce professeur qui étudie les États-Unis, la perplexité qui règne quant à l’attitude du président américain qui sort de l’ordinaire. « Nous nous situons dans une zone un peu floue, intermédiaire. »

« Il aurait pu laisser tomber le discours de campagne mais il continue de raisonner pour les 30% de la population qui l’ont élu », souligne pour sa part Tanguy Struye. Ce qui se traduit notamment dans la cote de popularité du milliardaire, atteignant à peine 33% selon le dernier sondage Gallup.

Pour Tanguy Struye, la population américaine reste clairement divisée. Il attribue cette désunion à la prolifération des ’fake news’ mais aussi à « la haine grandissante entre les républicains et les démocrates, non seulement au sein du Congrès mais aussi dans la population ».

Un programme flou

« Si on écoute Donald Trump, son programme reste flou. Pour connaître la politique américaine, il faut éviter la Maison Blanche et passer directement par les départements. Quand on regarde les tweets qu’il a publiés, il a dit tout et son contraire. Il n’a pas de politique », assène Tanguy Struye.

Pour Amine Ait-Chaalal, Trump se positionne plutôt comme « le non-continuateur de Barack Obama ». En politique étrangère, une certaine forme de cohérence se dégage pour M. Struye: « sa politique est basée sur les rapports de force. Une politique que l’on appliquait au 19e siècle, qui n’est pas adaptée au 21e siècle où l’on promeut davantage le respect des alliances, le réconfort (…). Trump ne fonctionne que par menace. Et s’il est normal de menacer ses ennemis, c’est plus grave de menacer ses alliés. »

Le test des élections

Ce style impulsif et imprévisible nuit au président lui-même, notamment dans le cadre de l’enquête sur l’ingérence russe présumée dans l’élection présidentielle américaine. Les démissions ont également rythmé les dix premiers mois de présidence.

Les élections à mi-mandat, prévues en novembre 2018, permettront de mieux appréhender l’approbation ou non de la population américaine pour sa politique, souligne M. Ait-Chaalal. Les électeurs seront invités à élire la totalité de la Chambre des représentants et un tiers du Sénat.