Olivier Guez reçoit le Prix Renaudot 2017 pour « La Disparition de Joseph Mengele »

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AFP / J. Saget

Le Prix Renaudot a lui été attribué lundi à Olivier Guez pour «La Disparition de Joseph Mengele».

Lauréat du prix Renaudot, «La disparition de Josef Mengele» (Grasset) est un roman hallucinant mais vrai sur les dernières années du médecin tortionnaire d’Auschwitz, Josef Mengele. Pour parler du docteur Mengele, un «sale type», connu pour ses expériences sur les jumeaux qu’il sélectionnait sur la rampe des chambres à gaz, «il n’était pas question de faire de la métaphore», confiait récemment à l’AFP l’écrivain et scénariste âgé de 43 ans.

Trois ans d’écriture et de recherches, notamment au Brésil -où Guez a retrouvé la ferme où Mengele s’était terré-, ont été nécessaires pour aboutir à «La disparition de Josef Mengele».

Olivier Guez, qui succède à Yasmina Reza, s’est imposé après six tours de scrutin.

Enfin, le prix Renaudot Essai a été décerné à Justine Augier pour «De l’ardeur» (Actes Sud).

Ce que nous en avions pensé à la rédaction

La lecture de La disparition de Josef Mengele n’a rien d’un moment de détente. Le travail historique d’Olivier Guez nous emmène sur les pas du boucher d’Auschwitz en fuite. En 1949, l’ancien médecin SS a discrètement quitté l’Europe, pour trouver refuge en Argentine. Le lecteur y découvre, avec stupéfaction ou écœurement, la vie tranquille qu’y mènent les anciens dignitaires nazis. Au fil des années, la traque reprend pourtant. Les soutiens de Mengele se font moins nombreux, alors que l’Europe découvre l’ampleur de ses crimes. L’ancien tortionnaire, qui regrette encore ses « belles années » dans le trop célèbre camp de concentration, devient un vieillard aigris et angoissé. Le lecteur pourrait presque, pour un instant, plaindre l’ancien bourreau, si le rappel de ses crimes ne venait pas ponctuer le récit d’horreur. En toile de fond à ce récit, subsistent deux questions : comment pardonner, et que faire de ceux qui ont commis l’impardonnable ? (cg)

« La disparition de Josef Mengele », Olivier Guez, 240 pages, éditions Grasset, 19€. ***

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