Information au client, multimodalité, nouvelles liaisons… la SNCB présente ses priorités

Sophie Dutordoir, CEO de la SNCB, passait son grand oral hier en commission infrastructure de la Chambre. L’occasion pour elle de dévoiler ses priorités pour les années à venir.

«Le défi est énorme», a reconnu d’emblée la patronne de la SNCB, Sophie Dutordoir, devant les députés. «Nous avons quelques années pour transformer la SNCB. Je suis convaincu que nous pouvons faire aussi bien qu’une entreprise privée», assure-t-elle, «après avoir rencontré le personnel de l’entreprise, à tous les niveaux». Le défi est d’autant plus important que l’ensemble du rail sera libéralisé en 2020. Et en 2023, le gouvernement devra choisir un opérateur à qui attribuer la mission de service public qu’est le transport ferroviaire. «Je veux qu’à cette date, la SNCB s’impose comme une évidence», dit la CEO.

La culture d’entreprise

Sophie Dutordoir s’est d’emblée attaquée à la «culture d’entreprise» de la SNCB, qui devra être revue. Elle juge l’entreprise publique «trop hiérarchisée», avec une communication défaillante entre les différents services. Elle souhaite mettre le client «au cœur des priorités». Afin d’y parvenir, «les conducteurs doivent pouvoir parler aux accompagnateurs, les accompagnateurs doivent pouvoir parler aux chefs de gare. Il est essentiel d’échanger des informations, dans l’intérêt du client», pointe-t-elle, alors que les différents acteurs du rail (notamment la SNCB et Infrabel), ont parfois tendance à se renvoyer les responsabilités. «Le client n’en a rien à foutre de savoir qui est responsable, il veut que son train fonctionne», lance-t-elle.

Le client n’en a rien à foutre de savoir qui est responsable, il veut que son train fonctionne

L’information aux passagers

Informer les temps usagers en temps réel sera l’une des grandes priorités des années à venir. D’ici la fin du premier semestre 2018, il sera ainsi possible de suivre tous les trains du pays en temps réel. «Cela permettra à l’usager de savoir si son train est bien parti de la gare précédente, et s’il va effectivement bientôt arriver», note Sophie Dutordoir. L’app’ SNCB proposera également des alternatives pour les passagers qui seraient bloqués en gare à cause de perturbations sur une voie.

Les trains sans accompagnateur

C’est une idée mise en avant afin de réaliser des économies, notamment en zone suburbaine. «Cela ne se fera pas tout de suite», tempère Sophie Dutordoir au sujet de ce dossier, qui inquiète les syndicats. «On continue de réfléchir au ‘one man car’ (train avec conducteur seul). Mais cela ne se fera pas tant que l’on n’aura pas une solution pour remplir le rôle de l’accompagnateur. Cela veut dire assurer un départ du train en toute sécurité, renseigner le voyageur, et contrôler.»

L’offre S

L’offre suburbaine, lancée en 2015, a fait ses preuves en matière d’efficacité. Mais elle souffre d’un déficit de notoriété. «Nous allons continuer à la faire connaître» annonce la patronne de la SNCB. «Des colonnes lumineuses seront installées aux abords des gares début 2018, afin que les arrêts soient mieux localisés par les usagers.» La patronne de la société ferroviaire annonce également que l’opérateur va partir à la rencontre des communes pour leur faire connaître les possibilités offertes par l’offre S.

Les tarifs

En matière de tarification, Sophie Dutordoir plaide pour «des prix régulés pour des produits précis (domicile-travail et école)». Mais elle demande également «des formes de liberté saine et de flexibilité afin de mieux capter et maximiser les places libres en heure creuse». Il faudra toutefois un accord du politique pour mener une telle évolution tarifaire.

Les Citypass

Une mobilité efficace passe par la combinaison des différents modes de transport. Gand et Anvers ont récemment lancé le Citypass, une offre qui combine les transports SNCB et De Lijn en zone urbaine. Des dispositifs de ce type seront lancés à Liège et Charleroi en juin prochain.

Belga / T. Roge

Une ligne Namur – Charleroi – Paris

L’intérêt de développer une ligne ferroviaire classique de Namur à Paris en passant par Charleroi et Maubeauge sera étudié en 2018. Cette ligne aurait l’intérêt de proposer des prix plus attractifs que la ligne à grande vitesse Paris – Bruxelles. Elle dispenserait également les habitants du sud du pays de passer obligatoirement par Bruxelles.

La grande vitesse vers les Pays-Bas

C’est la grande modification à venir en matière de trafic internationale. La liaison Bruxelles-Amsterdam basculera sur la ligne à grande vitesse au cours du premier semestre de l’année 2018. Jusqu’à 16 allers-retours seront assurés chaque jour. La CEO de la SNCB n’a pas donné de détail concernant les prix de cette liaison. Le lancement avorté du train Fyra s’était accompagné d’une modification de la grille tarifaire, avec des tarifs attractifs à condition de réserver en avance, mais plus élevés pour les achats de dernière minute.

Le wifi dans les gares

Après les stations de métro, c’est au tour des grandes gares du pays d’être équipées en wifi. Les 20 principales gares du pays seront connectées au début de l’année 2018.