MiNT: Après BRNS, on peut tout écouter, même du J-Rock

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Trois langues, trois styles et trois univers : cette semaine, on écoute l’EP enchanteur de Pépite, le désordre dissipé de BRNS et le rock nunchaku de Roth Bart Baron.

La papouille de la semaine : Pépite « Reste avec moi »

Thomas et Édouard sont parisiens (sa banlieue Sud). Officiellement, le duo existe depuis avril 2015.  L’histoire dit que leur rencontre (musicale, ils précisent) fut une plage de Bretagne. D’emblée, quand on écoute « Reste avec moi », on parierait tous les souliers d’or du monde qu’on écoute Christophe, mais c’est juste une influence parmi d’autres : Tame Impala, Lio, Daho, Michel Berger. De la pop aussi efficace que vintage, qui donne envie de se plonger dans ses propres années 80 sans sacrifier son petit confort moderne. L’EP – « Renaissance » – compte quatre titres. C’est court (14 minutes). « Mais que la vie douce revienne » : oui, et en boucle !

La décharge de la semaine : BRNS « Pious Platitudes »

Tapez le nom du groupe bruxellois dans un moteur de recherche, il vous renverra un oubli – sans doute volontaire – dans le code-source : « La description de ce résultat n’est pas disponible. » La messe est déjà un peu dite. Ne cherchez pas une présentation logique et sensée du groupe où que ce soit. Sugar High est leur dernière trouvaille obsédante en 12 stations – 2 de plus et c’était un chemin de croix ! -. Je l’accueille vendredi dernier comme un shot d’adrénaline (pas fondamentalement super zen) dans le trafic bruxellois, sur fond de travaux, déviations, sens uniques à répétition et triples files. Ce 2e album ne manifeste ni sens de l’orientation, ni unité de sens. Je prie l’attachée de presse de m’excuser de ne trouver aucun morceau taillé pour la radio. Peut-être « Pious Platitudes » – et encore ! Tout en précisant : j’adore et je ne sais pas pourquoi. On écoute cet album qu’on on réclame un shot de glucides ou du sexe avec un (ou plusieurs) inconnu(e/s). Pour vous convaincre de lui accorder votre attention, l’argument buzz : à la fin du clip de « Pious Platitudes », on voit une éjaculation en gros plan (la décharge, exactement).

Le Yatai de la semaine : Roth Bart Baron « Dying For »

Il a fallu aller chercher loin pour les trouver ceux-là. Comme dans Pyramide, une édition de l’émission « Échappées Belles » diffusée samedi soir et consacrée à Montréal m’amène, quelques pages web au hasard plus tard, au premier effort international d’un groupe de J(apanese)-rock indie, enregistré dans un studio de la Belle Province. Leurs influences sont impeccables, quoique peu nippones : The National, Bon Iver, Sufjan Stevens. Leur EP – en cours de finalisation – a été enregistré avec Bradley Spence (Radiohead, Florence + the Machine). Faux-problème : sur des accords parfaitement occidentaux, des textes en japonais. J’aurai désormais une raison musicalement valable pour visiter l’archipel, 31 ans après « Tokyo Boy » de Sandra Kim.

La découverte musicale du jour, c’est à écouter en direct 11h30 et 18h30 du lundi au vendredi sur Mint.be.

Cédric Godart

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