Florent Pagny, coach à la vie comme à la scène

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Ph. Fifou

Après «Habana», Florent Pagny fait appel à la jeune génération d’artistes populaires tels que Maître Gims, Slimane, Nazim ou Dany Synthé pour la réalisation de son opus «Le présent d’abord». Pari réussi pour le chanteur français qui devient coach de vie le temps de son nouvel album.

Florent Pagny et Maître Gims, c’est une collaboration plutôt inédite.

«C’est une drôle d’histoire en effet puisque c’est Pascal Nègre qui m’a dit un jour ‘Je sais avec qui tu vas faire ton prochain album: Maître Gims’. C’est vrai que les deux-trois titres que j’ai écoutés sont des putains de tubes. C’est de la pop-variété même s’il vient de l’urbain. Il a aussi du vibrato, du grain et compose essentiellement avec sa voix, ce qui permet d’avoir des mélodies qui mettent en valeur ce que tu as de mieux. Ça me parle complètement. Et en plus, avec ses looks, on a aucun souci. Moi aussi je suis sapé comme jamais (rires).»

Comment avez-vous fait pour rester en accord avec vous-même?

«C’est vrai qu’il a 30 piges, moi bientôt 56, et qu’il faut que je puisse m’approprier les chansons. Je dois me retrouver dans les thèmes, les mélodies, l’univers, les couleurs. C’est vrai que j’ai plusieurs facilités parce que j’ai une voix qui se marie bien aux genres musicaux et une nature qui va bien avec différentes générations et genres de personnes. Je crois que je sais bien chanter les chansons mais je sais bien les choisir. Je me goure rarement sur celles que je vais interpréter (rires).»

C’est plus facile de se renouveler et de rester dans le coup en faisant appel à des compositeurs?

«Je n’ai jamais appelé un auteur pour un sujet. J’aime la magie, que les chansons arrivent avec la bonne mélodie, la bonne musique, les bonnes paroles et qu’elles soient faites pour moi. Là, c’était différent parce que ma femme m’a parlé d’une étude un peu philosophique sur le mode de pensée de l’humain qui m’a interpellée. Selon elle, on utiliserait 1/3 de son cerveau pour penser à notre passé, 1/3 au présent et 1/3 au futur. Mais ce qui est passé est passé donc perdre autant de temps à ressasser ne sert à rien. Le futur ne se passe jamais comme on a pensé, donc on monte dans les tours pour rien. Pensez un peu plus à ce qu’il vous arrive et utilisez plus votre présent pour vous et ce qu’il y a autour de vous, la nature… Là, vous allez en profiter pleinement. Je trouvais ça tellement interpellant que j’ai proposé d’écrire un sujet là-dessus. Puis les chansons sont arrivées et ça a commencé à devenir une thématique, une espèce d’ensemble philosophique positif.»

Il y a aussi des chansons d’amour assez tristes sur cet album. Vous êtes avec votre femme depuis 25 ans. À quoi aurait ressemblé votre carrière sans elle?

«Je n’en serai pas là. J’avais une tendance à partir plus dans les îles mais honnêtement la Patagonie je ne savais même pas que ça existait vraiment. Trouver sa moitié, surtout dans mon activité, ça te permet d’être cohérent dans ce que tu fais, sincère, honnête et de ne pas avoir de partie obscure. D’ailleurs, depuis deux ans on est reparti en lune de miel, maintenant que les enfants ne sont plus là (rire).»

À quoi ressemble votre vie actuellement?

«Je suis en train de m’installer au Portugal.

On y va tous pour des raisons fiscales et on tombe tous amoureux de l’endroit.»

Côté «The Voice», ça va être une belle saison avec l’arrivée de votre ami Obispo.

«C’est mon pote, ça ne peut être qu’agréable. Il a tellement fait chanter de gens, tellement produit que c’est un vrai coach.

« J’espère qu’il ne sera pas trop dur (rires).»

C’est vous qui l’avez convaincu de rejoindre l’émission?

«Je l’ai convaincu en étant toujours là. Après j’ai tendance à le taquiner. La première année, on le lui avait aussi demandé mais il n’a pas été aussi malin. Si j’y suis encore au bout de six ans c’est parce que ça marche hyper bien et que les gens sont de qualité. C’est un programme assez particulier. Il existe dans plus de soixante pays mais c’est en France que ça cartonne le plus proportionnellement parlant dans le monde.»

Ça sert une carrière d’être jury dans The Voice?

«Pas tout le temps. Au début, j’avais sorti ‘Gracias a la vida’ alors que le programme se passait super bien. Pourtant, ça n’a pas cartonné. J’ai l’impression que c’est arrivé à d’autres de mes petits camarades dont l’album n’a pas eu plus de succès. Donc ce n’est pas forcément lié.

Par contre, la notoriété et les photos dans la rue, maintenant c’est un truc de fou (rires).»

Pourtant, ce sera votre dernière saison dans l’émission?

«Oui, je vais me retrouver avec la fin de cet album, de cette tournée et de ‘The Voice’ en même temps. Je me dis que j’ai une ouverture pour faire peut-être un petit break.»

Il n’y a jamais eu une proposition qui vous a poussé à refaire du cinéma?

«Qui soit mieux que ma vie? Non, jamais.»

Elle est tellement parfaite?

«Pas parfaite mais hyper intéressante. Je la structure comme un film et c’est plus agréable de vivre son film que de le tourner. Mon rêve, c’est de vivre très très vieux en bonne santé. Du coup, je m’occupe bien de moi et de ma femme.»

Ph. Fifou

SOURCELaura Sengler
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