Des communes et des emplois tous genres bienvenus

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En lançant une nouvelle campagne de sensibilisation, les associations LGBTQI+, onze communes bruxelloises et Actiris rappellent l’intérêt d’une société inclusive, tous genres confondus.

Se sentir chez soi partout, c’est important. Être bien accueilli par son employeur ou son administration communale aussi.

Soutenue par la Région bruxelloise et la Fédération Wallonie-Bruxelles, la campagne «All Genders Welcome» lancée hier à Bozar veut véhiculer les visages d’une société inclusive, homme, femme, hétéro, homo, bi, trans, intersexe, queer, quel que soit son genre, celui-ci ne devrait nous poser aucun obstacle.

À la commune…

Dix communes de la Région bruxelloise, ainsi qu’Actiris, y participent en diffusant une série d’images positives et inclusives de la diversité de nos sociétés. Mais outre cette vitrine de communication, les onze municipalités participantes veulent rendre compte de leur action inclusive déjà en œuvre.

C’est le cas notamment à Ixelles, l’une des communes bruxelloises historiques qui agit en ce sens, avec notamment il y a quelques années d’un budget genré, «un très bel outil pour le politique et l’administration qui permet de questionner la notion de genre de manière transversal dans toute l’action communale» comme lors de la construction de nouveaux bâtiments (des sanitaires différents sont-ils toujours pertinents ?), précise l’échevin ixellois des Familles et de l’Égalité des chances, Romain De Reusme. «Lors de cette campagne, nous souhaitons diffuser le message de façon simple, sans pointer du doigt», nous explique l’édile en nous montrant cette photo d’un couple d’hommes en face à face, la façade de l’ancienne gare de Bruxelles-Luxembourg dans le dos.

Cette image, choisie par Ixelles et sous-titrée du slogan «Vivre heureux, ensemble» sera diffusée dans les les services communaux, comme un message de bienvenue à tout un chacun. Concrètement la commune invite également son personnel à se former sur les questions de genre dans le rapport aux citoyens mais aussi aux collègues. Cela passe par une communication qui, formellement, ne s’adresse pas qu’aux familles hétéros, nous cite-ton en exemple.

… comme au boulot

Lors de l’élaboration d’un plan diversité, l’organisme bruxellois pour l’emploi Actiris se charge d’accompagner les entreprises privées et organisations publiques dans cette réflexion. «L’employeur nous fournit les données chiffrées concernant ses employés, selon leur nationalité, leur âge, leur handicap, leur qualification, et le genre y est vu de manière transversale», nous explique Muriel Simon, consultante diversité à Actiris. Il s’agira alors d’un rééquilibrage progressif en ciblant les groupes et les services cibles. «Nous développons, avec les partenaires sociaux en interne, un plan suivant quatre axes: sélection et recrutement, gestion des ressources humaines, communication interne et positionnement externe.»

En tant qu’employeur de 1.400 personnes, Actiris souhaite montrer l’exemple et a élaboré son propre plan diversité. En témoigne l’affiche choisie pour la campagne «All Genders welcome».

Nouvelle loi trans : les communes sont-elles prêtes ?

Jusqu’à quand la lettre M ou F figurant sur la carte d’identité constituera une contrainte pour les personnes qui ne se reconnaissent pas dans les deux seules cases proposées par l’état civil? La question est posée par le monde associatif alors que la nouvelle loi pour les personnes trans entrera en vigueur le 1er janvier 2018. À partir de cette date, le changement du genre attribué à la naissance ne sera plus soumis à des conditions médicales jusque-là considérées comme inhumaines (notamment l’examen psychiatrique et la stérilisation). Se déclarer transgenre ne sera plus considéré comme une pathologie mentale.

Belga / S. Gremmelprez

Depuis la publication de la loi au Moniteur en juin, les administrations ont six mois pour s’y préparer. Partie prenante à la campagne «All Genders Welcome», l’asbl Genres pluriels, active dans la défense des personnes trans et intersexes, propose des formations spécifiques pour les agents communaux qui seront chargés d’accueillir les demandes de leurs administrés. L’asbl conseille aux personnes qui s’engagent dans cette voie administrative d’informer leur commune de leur démarche en leur posant la simple question «êtes-vous prête?», une démarche proactive et positive destinée à limiter la confrontation d’entrée. Si le monde associatif reconnaît l’avancée que représente la nouvelle loi, cette dernière pose toujours certaines limites. Il reste convaincu que les discriminations cesseront une fois la suppression du genre enregistré à la naissance.