Fureur de lire : il n’y a pas d’âge pour commencer la lecture

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Belga / V. Lefour

On a annoncé la mort du livre à plusieurs reprises. Pourtant, tablettes et autres supports hautement technologiques n’ont toujours pas enterré cet objet rectangulaire qui renferme tant d’histoires. Et la fascination humaine pour le livre papier peut commencer dès le plus jeune âge.

À la Fureur de Lire, opération de promotion du «lire ensemble» qui commence ce mercredi, on envisage la lecture sous toutes ses formes et sur tous les supports. Mais force est de constater que le livre papier a encore de beaux jours devant lui.

L’objet livre fait l’objet de plus en plus d’attention des éditeurs qui veulent garder l’attrait pour le support physique.

Relation sensuelle

Outre l’enjeu commercial, le livre est aussi un lieu de rencontre qui se manipule et se touche. Cette relation sensuelle est au cœur du travail de Jeannne Ashbé, auteure et illustratrice de livres pour enfants. Son dernier livre «Bon», pour les moins de trois ans, sera distribué à 50.000 exemplaires via les centres de consultation ONE et les bibliothèques. Ce conte édité par L’école des loisirs nous raconte les premiers jours d’un caneton de l’éclosion au premier envol. Le titre «Bon» évoque déjà toute la rondeur et l’enveloppement d’un moment de partage que Jeanne Ashbé, autodidacte du dessin et de l’écriture, souhaite magnifier par ses ouvrages, une soixantaine à son actif.

«Je suis très touchée par ce qui se passe entre un livre et un enfant. En tant que parent, on attend d’être le soir pour retrouver cette boucle, ce rituel. On ne sait pas très bien ce qui nous relie en cet instant précis. Dès les premiers mois de l’enfant, on voit ses yeux qui bougent, les mains qui se baladent sur le livre ou dans l’air, un mouvement d’attention. Quelque chose se passe avec la langue, l’image et la voix», nous explique avec passion l’auteure qui se montre exigeante lors de la fabrication des des livres, lisez ici l’objet. «J’imagine une vie pour les livres que je veux écrire. J’en crée pour qu’ils soient manipulés. Et je veille au maximum à ce qu’ils soient adaptés à l’enfant et à sa psychomotricité.»

L’adulte médiateur

Dans cette découverte, «l’adulte est un médiateur», notamment avec les tout-petits «qui entrent dans le livre avec leurs oreilles». Voilà pourquoi, l’auteure introduit la comptine «Un petit canard au bord de l’eau» dans son livre, comme une invitation à jouer avec la voix et à chantonner avec bébé. «Partager une lecture est un enjeu social. Il faut se dire que dans notre société, certains enfants ont de la chance d’avoir des livres. Quand ces derniers arrivent en maternelle, ils se démarquent déjà», assure cette diplômée en logopédie, qui va d’école en école pour animer des ateliers avec les enfants. Mais Jeanne Ashbé est aussi assaillie des questions de parents qui ne savent pas toujours comment s’y prendre. «Il n’y a aucun enjeu de résultat!», rassure Jeanne qui demande aux papas et aux mamans de surtout se relaxer. «Ce qui est magnifique c’est que les parents se font vite contaminer. J’ai pu vivre des moments d’émotion et de l’émerveillement de parents voyant commet leur enfant se comportaient pendant une lecture.»

Ph. Fureur de Lire

Pendant la Fureur de Lire, ce seront deux livres qui seront distribués dans toute la Fédération Wallonie-Bruxelles. Outre celui de Jeanne Ashbé, «Picoti… Tous partis?» de Françoise Rogier, inspiré d’une autre comptine, «Une poule sur un mur», connaîtra la même diffusion pour les enfants de 3 à 7 ans. De belles pages pour des moments partagés.

Cinq jours de fête de la lecture

Ateliers, expositions, lectures publiques, spectacles. Du 11 au 15 octobre, le programme de la Fureur de Lire ne manque pas de propositions (souvent gratuites) dans toute la Fédération Wallonie-Bruxelles. Et ces activités ne concernent pas que les plus jeunes. Six nouvelles inédites, écrites et/ou dessinées, d’auteurs belges francophones seront aussi largement distribuées.

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