Découverte Mint : Trois talents belges à suivre absolument

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Ph. D. R.

Vous aussi, vous aviez l’impression qu’on tournait en peu en rond en Belgique francophone? C’était avant d’avoir vu défiler les Talents MiNT sur la Place des Anges à Namur ce dimanche. Problème : il a fallu choisir.

Les lauréats : Zappeur Palace

Leur rencontre ? Les bancs de l’école secondaire dans une école catholique de Nivelles. On croirait gober une biographie sortie d’un storytelling, mais les témoins sont nombreux. Les garçons ont tout pour plaire le jury : de très belles gueules (beaucoup de casés dans la bande, précisons), des compositions franchement originales et des textes en français ; et puis, pas mal de scènes dans les cordes et cela se ressent. Sarcophage, leur single, sort d’un jour à l’autre. Leur manager est nerveux : « C’était bien, mais ils peuvent encore mieux faire. » La preuve que nul n’est jamais prophète en sa collégiale.

Le prix MiNT : Ladylo

Ceux-là sont bruxellois. Ils sont 5, comptent un nouveau bassiste et font ce qu’ils appellent de la « flashpop », néologisme qui – forcément- sonne bien. J’ai bien tenté de connaître l’acception de Ladylo, en vain. « C’est un truc qu’on préfère garder secret. » Ils comptent déjà un album (City Symphony), préparent la suite sans s’imposer la moindre date. En attendant, ils tombent éperdument anamoureux dans « Lovely Hate » – l’oxymore est de retour -, titre aussi frais que le printemps dernier. Sur scène, les protagonistes mettent du temps à occuper l’espace, puis s’en emparent – mention spéciale à Clément, au chant ! – façon « réveille le Freddy Mercury qui sommeille en toi. » La présence des synthés au beau milieu des grattes et du rock fait mouche. On écoute leur musique sur Soundcloud, aussi.

Et les filles dans tout cela? 

On peut à présent dire, sans trahir les débats du jury, que le score était très serré en haut de l’affiche. Fake Empire en force ! Les trois sœurs Melery – et leur bassiste, adoptée, Clémence – sont les locales de l’étape (leurs fans ont bravé la pluie, chapeau !). Elles roulent leur bosse depuis plusieurs années sur les scènes de Wallonie et de la capitale. Lorraine est attentive aux bruits de la coulisse. Puis j’admire cet air de s’excuser d’être là pour saluer le public, une fois sur scène, avec une timidité qui, deux accords plus tard, voulait en réalité dire « Fuck this ! » Rien de plus redoutable qu’une fille bien élevée (n’empêche, on se fait avoir à chaque coup) !  Sur papier c’est du rock. Dans l’inconscient, on les imagine déjà à Nashville. Leurs compositions personnelles sont de très bel augure. Car, dieu soit loué, il n’y a pas que les reprises dans leur vie (à commercer par leur nom, qui fait forcément penser à un succès du groupe américain The National). Pas faciles à trouver en ligne, les filles s’écoutent principalement sur scène et collectionnent les fans sur leur page Facebook.

La découverte musicale, c’est tous les matins de la semaine à 11h30 et à 18h30 sur Mint.be.

SOURCECédric Godart
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