Billy Bike, des vélos électriques pour les Bruxellois

1666
Ph. D.R.

Après les scooters en free-floating, les Bruxellois auront bientôt accès à des vélos électriques. Une solution qui pourrait aider à désengorger les rues bruxelloises, souvent étouffées par la circulation automobile.

L’application Billy Bike est en cours d’expérimentation. Elle permettra de louer des vélos électriques pour se déplacer dans Bruxelles. La flotte aura également l’avantage d’être en free-floating. Il ne sera ainsi pas nécessaire de déposer son vélo dans une station, mais simplement d’attacher le deux-roues à un arbre ou un poteau, à l’aide d’un cadenas connecté. L’objectif est de mettre à disposition 150 vélos «dans les semaines qui viennent».

les Billy Bikes présente l’avantage d’être équipé d’une assistance électrique. Villo!, le principal concurrent de ce nouveau service, a souvent été pointé du doigt pour offrir des vélos trop lourds, particulièrement peu adaptés au relief bruxellois. La filiale de JC Decaux développe actuellement un modèle électrique, mais celui-ci n’est toujours pas proposé sur le territoire bruxellois. Pascal Smet, le ministre bruxellois de la Mobilité, observe donc le développement de ce nouveau service avec satisfaction. «À Bruxelles, le vélo électrique est une solution intéressante pour limiter le recours à la voiture individuelle, et toutes les solutions sont les bienvenues. Billy Bike sera complémentaire au service offert par Villo!, comme les sociétés de car-sharing sont complémentaires de Cambio», estime-t-il.

Le cadenas connecté, clé du système

L’utilisation sera ouverte à toute personne sachant manier un vélo. Il faudra simplement disposer d’un smartphone, afin d’installer l’application qui permet de géolocaliser les deux-roues. L’utilisateur l’utilisera pour réserver le vélo. Après cette démarche effectuée en quelques clics, il disposera de 15 minutes pour le rejoindre et débloquer le cadenas connecté. Il ne restera ensuite à attacher le vélo à un arbre ou un poteau dans la zone définie, qui couvrira Ixelles, Etterbeek, Saint-Gilles, et Bruxelles-ville. «On demandera à chaque utilisateur s’il a trouvé son vélo correctement attaché», prévient Pierre de Schaetzen, le cofondateur du service. «Si on voit que quelqu’un n’attache pas le vélo correctement, on pourra le contacter afin de s’assurer que le problème ne se reproduise pas

 

La flotte sera contrôlée à distance par l’équipe Billy Bike. Dès que la batterie d’un des vélos passera en dessous de 20% d’autonomie, le deux-roues ne sera plus disponible à la location, le temps qu’elle soit changée. Tout dépendra de l’utilisation, mais chaque batterie devrait avoir une autonomie d’environ 50 km.

La société dispose actuellement d’une liste d’attente pour les inscriptions. L’ajout de nouveaux vélos au cours des deux prochaines semaines doit permettre d’accepter de nouveaux usagers. En cas de succès, le service sera étendu au reste de l’agglomération bruxelloise à partir du printemps prochain.

«Le prix d’un ticket de transports en commun»

Les Billy Bikes sont disponibles pour 0,15€ la minute. «Nous réfléchissons à des solutions d’abonnement», souligne également Pierre de Schaetzen, cofondateur de la société.

Le coût de l’utilisation d’un Billy Bike sera déterminant pour séduire les usagers potentiels.

«Nous lançons le service avec un tarif de 0,15€ la minute. La plupart des trajets à vélo se font en dix ou 15 minutes. Un voyage en Billy Bike va ainsi revenir entre 1,5€ et 2,25€, soit le même prix qu’un ticket de transport en commun. Cela revient moins cher que louer un Scooty (scooter électrique en libre-service à 0,25 € la minute, NDLR). Et il n’y a pas de frais d’abonnements. Il faut aussi savoir que le tarif maximum ne dépasse pas 5 € de l’heure, et 25 € pour 24 h. Celui qui veut prendre un vélo électrique pour la journée peut donc le faire sans s’inquiéter.»

Cela représente tout de même un certain budget…

«Ça correspond bien à des déplacements occasionnels. Nous travaillons à des solutions d’abonnement pour ceux qui souhaiteraient l’utiliser de façon régulière. Mais on ne les proposera qu’une fois que nous aurons déployé suffisamment de Billy Bikes. On ne peut pas proposer un abonnement si l’usager n’a pas la certitude de trouver un vélo à proximité quand il en a besoin. Il faut donc attendre de dépasser un seuil critique.»

SOURCECamille Goret
SHARE