La cryolipolyse, une méthode révolutionnaire?

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Ph. AleksandarPetrovic / Istock.com

Massage minceur, hypnose, la lipocavitation (par infrason), lipolyse (par laser), liposuccion par seringue, etc. Les méthodes pour maigrir et perdre de la graisse prolifèrent. Une des tendances actuelles se nomme la cryolipolyse. Je l’ai testée, et j’en suis assez contente.

Je dois avouer que je suis généralement dubitative lorsque l’on me présente une méthode soi-disant révolutionnaire qui me permettrait de perdre du poids sans faire trop d’effort. Par ailleurs, sans jugement aucun pour ceux qui le font, je suis plutôt contre n’importe quelle forme de liposuccion sur mon corps. Mais lorsqu’une amie, grande adepte habituellement de pratiques naturelles, me parle de cette nouvelle méthode qu’elle aimerait tester sur elle, j’écoute avec attention. Bien entendu, je décide de passer par la kinésithérapeute qu’elle connaît pour me faire ma propre opinion sur cette solution dite «révolutionnaire».

Avec précautions

Audrey Mettke, kinésithérapeute de Global Wellness situé à Schaerbeek, m’explique dans un premier temps qu’il faut bien se renseigner avant de tester la cryolipolyse. Contrairement à ce que pourraient vous dire certains kinés ou certaines esthéticiennes, la cryolipolyse ne convient pas à tout le monde. Un bon diagnostic est nécessaire. «La machine est déconseillée pour les personnes qui ont un indice de masse corporelle au-dessus de 30», nous explique-t-elle. «Ce traitement fonctionne surtout pour les personnes qui veulent perdre une petite quantité de graisses, telles que les poignées d’amour par exemple.» En pratique, la machine va détruire, en une seule séance, 20 à 25% des adipocytes (les cellules de graisse) présents dans la zone que l’on veut traiter. «On naît avec un nombre d’adipocytes repères. Quoique l’on fasse, notre corps a ce chiffre comme référence. Il faut donc bien être conscient que si vous n’êtes pas à plus de 120% sur la zone, votre organisme vous fera, à un moment ou un autre, remonter à votre chiffre repère pour arriver à 100%.» A contrario, si vous êtes à plus de 125%, il se peut que vous devez faire deux séances sur la même zone pour atteindre un effet optimal.

Dans mon cas, avec l’accord d’Audrey Mettke, je décide de traiter la culotte de cheval. Elle m’explique également que j’ai de la cellulite fibreuse (voir encadré). Je choisis donc de mettre toutes les chances de mon côté et de prévoir avant la cryo une séance de massage thérapeutique pour assouplir mes adhérences.

La cryo, c’est quoi?

Nous avons donc rendez-vous la semaine suivante pour un massage. Audrey exerce une sorte de palper-rouler de toutes ses forces. C’est un massage pas très agréable mais dont on voit peu de temps après les effets.

En ce qui concerne la cryolipolyse, pas de panique: cela ne fait pas mal du tout. Audrey applique les deux ventouses au niveau de la zone à traiter. La machine lance du froid allant entre -4 et -10º. Dans mon cas, nous avons été jusque -5º. Cette thérapie détruit les adipocytes sans atteindre les autres types de tissus. Vos adipocytes sont transformés en déchets et sont éliminés de la même manière que ceux-ci. C’est pour cela qu’Audrey préconise fortement (sans l’obliger pour autant) un massage drainant après la séance de cryo.

Ph. D. R.

La destruction se fait dès les premières heures qui suivent la séance. Toutefois pour avoir un tissu complètement remanié «avec des adipocytes en moins, des vaisseaux qui se replacent correctement, et une peau bien retendue», il faut compter trois à quatre mois pour atteindre l’effet dans sa totalité. Au bout de 15 jours, on sait néanmoins voir si la zone a bien été «prise» ou non. «Il ne faut donc pas se précipiter pour faire une deuxième séance», conseille Audrey Mettke.

Ph. D. R.

Résultats?

Personnellement, à peine huit jours après la séance, je remarque les effets de la cryolipolyse sur la zone traitée. Après, pour être honnête, j’ai fait attention à ce que je mangeais durant cette période et je me suis mise au sport. Par contre, je suis persuadée que la cryolipolyse fonctionne très bien chez certains d’entre nous, et que dans tous les cas, un bon diagnostic avant n’importe quelle thérapie est plus qu’indispensable!

Audrey Mettke du Global Wellness situé à Schaerbeek demande 320€, diagnostic compris, pour une séance de cryolipolyse.

Pour un bon diagnostic, il est important de différencier, dans un premier temps, les trois types de cellulite.

  • Aqueuse: Cette cellulite est due à une rétention d’eau élevée, causée par exemple par une mauvaise qualité des vaisseaux ou un problème hormonal. Comme l’explique Audrey Mettke, sauf si on trouve le problème hormonal, cette cellulite ne se soigne pas. «On peut faire du drainage lymphatique manuel, du LPG, du palper-rouler léger pour atténuer un peu l’effet cellulite.» Il existe également de «la fausse cellulite aqueuse», celle que l’on retrouve à l’arrière des cuisses parce que le corps se sent déshydraté. «Il faut donc éviter de boire des boissons drainantes et continuer à boire beaucoup d’eau.»
  • Fibreuse: Dure et douloureuse au toucher, la cellulite fibreuse est le type de cellulite le plus difficile à traiter. Les adipocytes se retrouvent tous collés les uns aux autres. «Les vaisseaux sont donc complètement bloqués. Avec le temps, votre peau, votre silhouette et la tonicité changent. Il faut permettre aux vaisseaux de se replacer en assouplissant les adhérences.» Pour cela, Audrey Mettke préconise un massage thérapeutique.
  • Adipeuse: Ici, les adipocytes sont remplis de graisse. Il faut donc les vider en suivant un régime et en faisant du sport.
SOURCEMaïté Hamouchi
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