Des Belges en Allemagne pour un coup de force contre une mine de charbon

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L’Allemagne produit près de la moitié de son électricité à partir de charbon, une source d’énergie des plus polluantes. Une action de désobéissance civile se tient tout au long du week-end afin d’inciter Berlin à accélérer le processus. Des militants belges sont présents.

L’Allemagne est connue pour avoir engagé une sortie rapide du nucléaire, décidée dans la foulée de la catastrophe de Fukushima. Berlin va pourtant devoir mener un autre combat : la sortie du charbon. Et cela devra se faire au plus vite. Car sans avancée rapide sur ce dossier, le pays ne sera pas capable de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 80 à 95% d’ici 2050, comme il s’y est engagé. «Il y a une contradiction en Allemagne : le pays se présente comme leader dans la lutte contre le réchauffement climatique. Mais il reste le premier producteur européen de charbon», pointe Laure Kervyn, du collectif belge 350.

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«Il faut forcer le mouvement»

Les experts de l’Okö-Institut, qui a inspiré la transition énergétique entamée par Berlin, recommande de fermer rapidement les plus anciennes centrales à charbon. Les autres seront progressivement mises à l’arrêt d’ici 2035.

Les organisations écologistes jugent pourtant possible d’accélérer le processus de fermeture de ces centrales polluantes. La demande d’électricité commence à diminuer, sous l’effet des mesures pour favoriser l’efficacité énergétique. Afin de pousser Berlin à plus d’ambition, le collectif Ende Galende compte bloquer ce week-end l’accès à une centrale de lignite, un charbon particulièrement polluant. Une centaine de militants belges ont rejoint le site, en Rhénanie.

Le charbon, une énergie très rentable

Supprimer le charbon du mix énergétique allemand ne sera pas simple. Malgré une forte progression de la production de renouvelables, 40% de l’électricité allemande vient encore directement du charbon. Ces centrales sont même très rentables, vu la faiblesse du prix de cette matière première sur les marchés internationaux. Le boom des gaz de schiste aux Etats-Unis a eu pour effet de rende disponible d’importantes quantités de charbon, et de le rendre d’autant moins couteux.

Mais pour le mouvement Ende Galende, il y a urgence : «nous ciblons ces mines car elles sont la plus grosse source de CO2 en Europe», pointe les organisateurs allemands. Et de revendiquer la méthode choisie du blocage :«nos actions de ne sont peut-être pas légales, mais elles sont légitimes. Nous les annonçons publiquement car nous sommes convaincus que notre action est urgente et nécessaire, vu le danger que pose le changement climatique».

La COP23 se tiendra dans cette même région, à l’automne prochain.