Sorties cinéma : Seven Sisters, Hitman & Bodyguard, 120 battements par minute 

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Ph. Metropolitan FilmExport

Seven Sisters

Un enfant par couple et c’est tout. La Chine a mené cette politique de l’enfant unique dès 1979 (jusqu’il y a deux ans) et, à en croire le thriller de science-fiction ‘Seven Sisters’, le monde entier suivra en un rien de temps cet exemple pour enrayer la surpopulation. Les enfants en trop sont désormais congelés par les autorités jusqu’à ce que la science ait trouvé une solution. C’est un grand problème pour le scientifique Terrence Settman (Willem Dafoe), qui est devenu père de septuplées. Il décide de taire l’existence de ses 7 filles et de les élever à l’abri des regards. Afin de ne pas éveiller les soupçons, chacune d’entre elles peut sortir de l’appartement un jour de la semaine (le jour qui porte son nom). Mais la situation est intenable à long terme. ‘Seven Sisters’ recèle quelques excellentes idées qui lui permettent, en grande partie, de tenir la route. Le défi de jouer 7 personnages, est néanmoins un peu trop demander à l’actrice principale Noomi Rapace, qui se distingue surtout quand elle peut ruer dans les brancards. Ce qui, heureusement, arrive assez souvent. (rn) 3 / 5

Hitman & Bodyguard (The Hitman’s Bodyguard)

‘I’ve had it with these motherfucking snakes on this motherfucking plane!’ Cette petite phrase du film ‘Des Serpents dans l’Avion’ (‘Snakes on a Plane’) est considérée à tout jamais comme le moment où Samuel L. Jackson a fait une croix sur ses ambitions professionnelles. Désormais, il était ‘le Black au regard qui tue et au langage grossier’, une caricature de l’excellent acteur de composition qu’il avait été jusque-là. Non pas que Jackson s’en soucie, car il ricane de satisfaction en regardant son compte en banque. Mais être une caricature, c’est ce n’est pas la même chose qu’avoir un talent comique, et cela se remarque d’autant plus dans un film médiocre comme ‘Hitman & Bodyguard’. Jackson joue un tueur à gages contraint de témoigner au procès d’un dictateur (Gary Oldman). Un agent de sécurité tombé en disgrâce (Ryan Reynolds) a pour mission d’escorter ce témoin-clé jusqu’au tribunal de La Haye. Un véritable défi quand on sait que les deux personnages se détestent. Ce qui suit est tellement prémâché et prévisible qu’on jurerait que c’est Luc Besson qui a écrit le scénario, et Jackson tape surtout sur les nerfs avec ses fanfaronnades théâtrales. Rien de bon alors, dans ce film d’action burlesque?  Si. Reynolds, d’une part, qui n’a aucun problème à trouver le bon ton dans le rôle de l’antihéros un peu cynique, et Salma Hayek qui joue la virulente épouse mexicaine de Jackson et à qui il suffit de quelques scènes pour s’accaparer tout le film. Mais cela ne suffit pas à compenser les improvisations forcées de Jackson.

120 battements par minute 

France, début des années 90. Depuis dix ans, le virus du SIDA tue dans l’indifférence générale. Entre mésinformation, mensonges et homophobie – sans parler du scandale de l’affaire du sang contaminé -, la société française et le gouvernement ne mesurent pas la gravité de la situation. Alors entre en scène Act Up-Paris. A travers ses actions de désobéissance civile, parfois virulentes et critiquées, ce petit groupe soudé issu de la communauté LGBT secoue l’opinion publique. Robin Campillo, qui en était membre avant de devenir réalisateur, raconte ces années-là dans ‘120 Battements par minute’, qui a bouleversé le Festival de Cannes, où il a décroché le Grand Prix. Avec une mise en scène fluide et travaillée (pas facile de filmer des réunions), il raconte la tristesse et la colère, mais aussi la joie furieuse de ce groupe militant. Rythmé par la musique électronique de l’époque et porté par un casting épatant (Adèle Haenel, Nahuel Perez Biscayart), le film va du collectif à l’intime, à travers l’histoire d’amour qui naîtra entre Sean, militant séropositif, et Nathan, nouveau membre timide. Un film à la fois personnel et universel, émouvant et politique. Un souffle de vie cinématographique, un grand cri, contre la haine, l’ignorance et les idées mortifères. (em) 4/5

 

SOURCEElli Mastorou et Ruben Nollet
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