La Cour suprême indienne bannit la répudiation express

AFP / Prakash Singh

La Cour suprême indienne a interdit le divorce par répudiation express de la femme autorisé dans la communauté musulmane, un dossier brûlant qui touche au coeur de la conception de la laïcité du pays.

« Le triple talaq (divorce) enfreint le Coran et la charia. Il ne fait pas partie des pratiques religieuses et va à l’encontre de la moralité constitutionnelle », a déclaré un panel de cinq juges des principales religions d’Inde -hindouisme, islam, christianisme, sikhisme et zoroastrisme.

Selon cette pratique acceptée en Inde, il suffit à un homme de prononcer trois fois le mot « je divorce » (« talaq, talaq, talaq ») pour répudier sa femme. Des médias se sont faits écho de cas de divorces par lettre, Skype ou même message Whatsapp.

Plusieurs femmes répudiées avaient engagé un recours devant la plus haute instance judiciaire du pays pour obtenir l’interdiction de cette procédure.

Laïcité à l’indienne

La laïcité à l’indienne, telle que définie dans sa Constitution, place toutes les religions sur un pied d’égalité. Les croyances de chaque personne définissent le droit qui prévaudra en matière de mariage, divorce ou héritage.

Le gouvernement du Premier ministre Narendra Modi soutenait le recours contre le triple talaq, l’estimant inconstitutionnel et discriminatoire envers les femmes. Les nationaliste hindous militent de longue date pour un code civil uniformisé.

Mais cette prise de position du pouvoir en place était contestée au sein de la communauté musulmane, même parmi des opposants au triple talaq. Leur crainte sous-jacente est de voir à terme les minorités privées de leurs lois religieuses, avec le spectre de la domination de l’hindouisme majoritaire.