Troubles psychiques : les femmes courent plus de risques que les hommes

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PeopleImages / istockphoto.com

Les troubles mentaux et psychiques se manifestent différemment dans le cerveau selon le sexe. Cela ouvre la voie à de nouvelles pistes de traitement, notamment dans la maladie d’Alzheimer, selon une vaste étude américaine publiée dans le « Journal of Alzheimer’s Disease ».

Pour mieux comprendre l’origine des maladies mentales, y compris la maladie d’Alzheimer, et développer à terme des traitements plus ciblés, des chercheurs américains de l’Amen Clinis, à Newport Beach (Californie), ont passé au peigne fin 128 régions du cerveau d’hommes et de femmes.

Parmi les sujets étudiés, 26.683 présentaient des désordres mentaux (troubles bipolaires, troubles de l’humeur, psychoses, schizophrénie, trouble de déficit de l’attention et d’hyperactivité), et 119 étaient des volontaires en bonne santé.

Les chercheurs ont utilisé une technique de précision basée sur la scintigraphie : la tomographie par émission monophotonique (TEMP), qui permet de réaliser des images et des reconstructions en trois dimensions des organes et de leur métabolisme. Les chercheurs ont ainsi pu repérer les zones d’hypoactivité ou d’hyperactivité du cerveau des patients.

Inégalité hommes-femmes face aux troubles mentaux 

Les résultats de l’étude montrent que les cerveaux des femmes saines étaient plus actifs dans toutes les zones observées que celui des hommes sains. Chez les femmes présentant des troubles mentaux, l’activité cérébrale était particulièrement dense au niveau du cortex préfontal, la région du cerveau qui est liée à la concentration et au contrôle des émotions, ainsi que dans le système limbique, associé notamment à l’anxiété et à l’humeur.

Chez les hommes, les centres de la vision, situés dans le lobe occipital, et ceux de la coordination, pilotés par le lobe temporal, qui est également responsable de nombreuses fonctions cognitives (audition, langage, mémoire et vision des formes complexes), étaient plus actifs que chez les femmes.

Ces résultats expliquent partiellement pourquoi les femmes font preuve de davantage d’empathie, d’intuition, d’implication, d’esprit d’équipe et de contrôle de soi, et pourquoi elles sont également plus sujettes à l’anxiété, à la dépression, à l’insomnie et aux troubles du comportement alimentaire.

Prendre en compte ces différences entre les hommes et les femmes au niveau du cerveau pourrait servir la recherche, notamment en ce qui concerne la maladie d’Alzheimer, conclut l’étude.

À noter que les femmes sont davantage touchées par cette pathologie, ainsi que par la dépression – facteur de risque pour la maladie d’Alzheimer – et les troubles anxieux ; les hommes sont quant à eux plus souvent atteints de trouble de déficit de l’attention et d’hyperactivité (TDAH) et de problèmes de comportement, indiquent les spécialistes.

Ces travaux ont été publiés dans le « Journal of Alzheimer’s Disease ».

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