Peut-on apprendre pendant son sommeil ?

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Pendant que nous dormons, nous consolidons nos connaissances mais nous sommes aussi capables d’enregistrer de nouvelles informations : c’est ce que révèle une nouvelle étude publiée dans la revue « Nature ».

Pouvons-nous apprendre de nouvelles choses en dormant ? Des chercheurs du CNRS viennent de montrer que, dans certaines phases du sommeil, le cerveau est en effet capable d’apprendre.

Une activité cérébrale intense durant le sommeil paradoxal

Pour arriver à cette conclusion, ils ont exposé plusieurs sujets volontaires à des bruits répétés durant leur sommeil – des bruits blancs, similaires au son produit par une radio lorsqu’elle ne reçoit pas de signal – et ont analysé leur activité cérébrale pendant la nuit.

Au réveil, les participants à l’étude ont pu reconnaitre les bruits qu’ils avaient entendus pendant leur sommeil paradoxal et leur sommeil lent léger, rapporte l’étude.

La phase de sommeil paradoxal, très profonde, qui intervient 90 minutes après l’endormissement, est particulièrement réparatrice. Elle est associée à une activité cérébrale intense, proche de celle de l’état d’éveil, tandis que le sommeil lent léger correspond aux premières ondes cérébrales ralenties, le dormeur étant encore très sensible à son environnement.

Capacité d’oubli et plasticité cérébrale

Lors de la phase de sommeil lent profond, les chercheurs ont en revanche constaté le phénomène inverse : les sons appris précédemment, pendant la phase de sommeil lent léger, étaient oubliés, « désappris », comme effacés.

Pour les chercheurs, ces résultats montrent que notre cerveau est capable de mémoriser de nouvelles représentations et de nouveaux objets (ici auditifs) durant le sommeil, et ce lors de phases de sommeil très différentes.

Ainsi, le sommeil lent profond permettrait une forme d’oubli nécessaire pour éviter l’accumulation de souvenirs jour après jour, tandis que « le sommeil lent léger et le sommeil paradoxal sont des états favorables à la plasticité cérébrale et à la consolidation active de la mémoire », suggère l’étude.

SOURCEAFP avec rédaction en ligne
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