A Jérusalem, la dame aux chats s’occupe des nombreux chats errants de la ville

976

Depuis 20 ans, Tova Saul nourrit et soigne les chats qui rôdent dans la Vieille ville de Jérusalem. Elle capture aussi les femelles pour les faire stériliser.

Il est bientôt minuit quand Tova Saul sort dans la Vieille ville de Jérusalem, une volumineuse cage en plastique dans chaque main et sur le dos tout un attirail pour piéger les chats. Dans moins d’une heure, son petit manège aura tourné à l’algarade avec trois hommes avec lesquels elle finira au poste de police.

Mais pour l’heure, cette petite femme aux vêtements amples s’adonne à son activité nocturne depuis vingt ans: nourrir et soigner les chats qui rôdent dans la Vieille ville, et capturer les femelles pour les faire stériliser.

Pour beaucoup, elle est devenue «la dame aux chats», mais elle n’aime pas ce surnom. «M’appeler la dame aux chats, c’est dire que personne d’autre ne lèverait le petit doigt pour un animal en détresse. C’est une injure faite à la race humaine», explique-t-elle à l’AFP.

100.000 chats errants à Jérusalem

Tova Saul, une juive orthodoxe âgée d’une cinquantaine d’années, est arrivée des Etats-Unis dans les années 1980 «chercher l’homme de (ses) rêves» en Israël. A la place, elle est tombée amoureuse des chats de Jérusalem.

Elle vit aujourd’hui dans un quartier juif de la Vieille ville dans un deux-pièces avec… cinq chats et six chatons.

Les chats errants sont omniprésents dans de nombreux pays du bassin méditerranéen, de Chypre à l’Egypte –berceau de leur domestication– en passant par Israël. Ils seraient plus de 100.000 à Jérusalem, estime la municipalité. Des centaines, peut-être des milliers, parcourent les ruelles séculaires de la Veille ville, enclave dédaléenne d’un kilomètre carré ceinte de murailles et abritant une multitude d’échoppes et de restaurants, véritable garde-manger pour matous.

Sous la pression des amis des animaux, la Ville a renoncé depuis une dizaine d’années à empoisonner les chats. Leur nombre a augmenté et les budgets pour contenir cette expansion démographique –par stérilisation– sont serrés, la municipalité préférant dépenser ses deniers à d’autres causes dans une ville pauvre, explique Assaf Brill, chef des services vétérinaires.

La municipalité s’en remet donc à des volontaires, et Tova Saul, assure-t-il, est l’une des plus actives.

Elle a stérilisé plus de 600 femelles

Elle dit avoir attrapé et fait stériliser plus de 600 femelles depuis qu’elle a commencé à tenir un décompte en 2009. «620 chattes qui auraient fait des petits, à raison de trois ou quatre chatons deux ou trois fois par an», calcule-t-elle. La plupart d’entre eux seraient morts dans d’horribles souffrances, assure-t-elle.

Elle dit avoir dépensé l’an dernier 15.000 dollars (12.000 euros) alors qu’elle n’a reçu que 7.000 dollars en dons. Quand elle ne s’occupe pas de chats, elle guide et héberge des touristes.