Les jeunes utilisateurs de cigarette électronique courent plus de risques de devenir fumeurs

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Une étude britannique publiée la semaine dernière suggère que les adolescents ayant essayé la cigarette électronique sont plus enclins à passer à la cigarette classique.

Tandis que les résultats d’un rapport récent publié dans le « British Medical Journal » montrent que les utilisateurs américains de cigarette électronique sont plus susceptibles que les autres d’essayer d’arrêter de fumer (et de réussir pendant au moins trois mois), l’appareil demeure une source d’inquiétude en ce qui concerne ses jeunes utilisateurs.

Conduite par l’université de Stirling en collaboration avec des chercheurs des universités de St Andrews et d’Édimbourg et du ScotCen, une nouvelle étude confirme les résultats de huit études américaines précédentes et suggère que les adolescents ayant essayé la cigarette électronique sont plus enclins à passer à la cigarette classique.

 

Plus de 2.000 élèves suivis

Les chercheurs ont suivi des élèves d’écoles secondaires écossaises âgés de 11 à 18 ans, en 2015 puis 12 mois plus tard. Ils ont découvert lors de l’enquête initiale que parmi les 2.125 élèves qui n’avaient jamais fumé de cigarette, 183 (8,6%) déclaraient avoir essayé la cigarette électronique, et 1.942 ne l’avaient pas essayée.

Lors de l’enquête de 2016, 74 (40,4%) de ceux qui avaient essayé la cigarette électronique au moment de l’enquête de 2015 avaient fumé une cigarette au cours des 12 mois suivants, contre seulement 249 (12,8%) de jeunes qui n’avaient pas essayé la cigarette électronique.

Les résultats demeuraient statistiquement significatifs même après que l’équipe ait pris en compte d’autres facteurs influençant le tabagisme, notamment la sensibilité au tabac, le fait d’avoir des amis ou des membres de sa famille qui fument, l’âge, le sexe, l’aisance financière de la famille, l’origine ethnique ou l’établissement scolaire fréquenté.

Inquiétude des chercheurs

« Nous avons découvert que l’utilisation de la cigarette électronique avait un impact plus fort sur le risque d’expérimentation de la véritable cigarette chez les jeunes n’ayant jamais fumé et qui avaient la ferme intention de ne pas fumer et/ou dont les amis ne fumaient pas. Il s’agit traditionnellement de la catégorie de jeunes qui est la moins susceptible de se mettre à fumer », commente Catherine Best, chercheuse à l’université de Stirling.

 

Sally Haw, professeur de santé publique et de santé de la population à Stirling, ajoute : « Cet impact plus fort de la cigarette électronique sur les jeunes qui courent le moins de risques de commencer à fumer est particulièrement inquiétant », et elle recommande de mener de nouvelles études pour mieux comprendre comment le fait d’essayer la cigarette électronique peut influencer le comportement face au tabac.

Les résultats sont publiés sur le site Tobacco Control du « British Medical Journal ».

SOURCEAFP avec rédaction en ligne
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