Les Indiennes veulent rentrer plus tard que Cendrillon

Ph. Twitter / @palaksharmanews

Les Indiennes sont montées au créneau après qu’un homme politique leur a demandé de ne pas rentrer après minuit pour ne pas tenter les agresseurs potentiels. La campagne #AintNoCinderella est devenue virale.

Varnike Kundu a eu la peur de sa vie samedi. Alors que cette habitante de Chandigarh rentrait chez elle dans la nuit, elle s’est faite suivre par deux hommes et a failli se faire enlever. Elle a porté plainte.

La faute trop souvent imputée à la victime

Les agressions envers les femmes en Inde sont souvent prises à la légère par les autorités. Depuis plusieurs années, plusieurs affaires de viols non résolues ont médiatisé ce silence sociétal à l’égard des violences faites aux femmes. La faute est souvent rejetée sur la victime et non sur l’agresseur.

Ce fut encore le cas cette fois avec l’affaire de Chandrigarh. Un homme politique du parti hindouiste au pouvoir BJP a reproché à la victime l’heure tardive à laquelle elle se trouvait en rue lors de son agression. « Une fille ne devrait pas être sortie à minuit. […] Pourquoi conduisait-elle si tard dans la nuit? L’atmosphère n’est pas bonne. Nous devons prendre de nous-mêmes », a ainsi commenté l’élu local Ramveer Bhatti.

Un buzz sur Twitter

Pour nombre d’Indiennes, ce commentaire témoigne du sexisme ambiant dans la société indienne. Encore une fois, la faute est celle de la victime féminine et non de l’agresseur masculin.

Pour répondre à Ramveer Bhatti, la comédienne Divya Spandana a protesté sur Twitter en accompagnant son message du hashtag #AintNoCinderella, une référence au conte de Cendrillon obligée de rentrer avant minuit. « Ce n’est pas la première fois que des hommes dans ce pays font des commentaires aussi rétrogrades à propos des femmes. Nous en avons assez », a-t-elle confié au magazine Elle.

L’initiative de Divya Spandana s’est répandue comme une trainée de poudre sur le réseau social. De nombreuses jeunes femmes indiennes, des personnalités mais aussi des anonymes, ont posté des photos d’elle en soirée en affirmant leur droit de s’amuser et d’être de sortie à l’heure qui leur plaît, sans craindre d’être agressée.