Sorties cinéma : Comme nos parents, The Nile Hilton Incident (Le Caire confidentiel), Baby Driver

Ph. D. R.

Comme nos parents

Un nez busqué, un trait de caractère, des vieux vêtements, ou rien du tout: et vous, que gardez-vous de vos parents ? On se construit souvent en rapport, positif ou négatif, à nos géniteurs. On pense tout savoir mieux qu’eux, et vice-versa. Et puis on devient parent soi-même, et tout recommence. À 40 ans, Rosa essaye de tout gérer en même temps: sa vie professionnelle, personnelle, de mère, de fille, d’épouse, d’amante. Mais le jour où sa mère lui dévoile un secret sur sa naissance, la vie de Rosa est chamboulée. À partir de ce choc, le film déroule une réflexion plus générale sur les rapports de génération, de couple, et d’identité. La mise en scène organique de la Brésilienne Laís Bodanzky rend le tout très fluide et facile à suivre, des discussions sérieuses aux scènes plus légères d’où surgit l’émotion, sans crier gare. Porté par des acteurs d’exception, ‘Comme nos parents’ est à la fois le portrait d’une génération, une réflexion sur la place de la femme en société, une étude des rapports mère-fille, un essai sur le couple… le tout emballé dans les couleurs vives du Brésil. Un film qui parle de choses complexes de façon simple et gracieuse. (em) 3/5

The Nile Hilton Incident (Le Caire confidentiel)

‘Forget it Jake, it’s Chinatown’. Ce petit bout de dialogue d’un des plus célèbres films noirs de tous les temps irait parfaitement aussi dans ‘The Nile Hilton Incident’, un thriller policier suédois qui se passe lors des manifestations sur la place Tahrir au Caire, début 2011. Le personnage principal, Noredin, est un policier corrompu, comme il sied ici à sa fonction. Mais la corruption est très relative, manifestement. Tandis que Noredin se fait surtout de l’argent sur le dos de ses concitoyens, d’autres ne voient aucun problème à protéger des assassins. En menant son enquête sur une chanteuse assassinée, il ne tarde pas à découvrir l’étendue de cette gangrène morale. ‘The Nile Hilton Incident’ vous entraîne dans une spirale descendante, une plongée captivante dans un pays où la justice est inexistante. On peut donc parfaitement comprendre l’indignation et la fureur des citoyens qui manifestent, même si ces émotions bouillonnantes aboutissent à un dénouement particulièrement cynique, justement. Le fait qu’en 2016, l’Égypte figurait toujours à la 108e place de l’indice de perception de la corruption avec un score de 34 sur 100, en dit long.(rn) 4/5

Baby Driver
Si vous avez trois minutes trente devant vous, je vous invite à youtuber ‘Blue Song’ du groupe Mint Royale. Le réalisateur britannique Edgar Wright a réalisé ce clip vidéo en 2003, sur une idée qu’il avait déjà eue dix ans auparavant: un conducteur qui se défoule avec de la musique pendant que ses complices braquent une banque. Ceci vous donne d’emblée le concept de ‘Baby Driver’, que Wright, en réalité, a à peine développé pour son film. Le personnage principal a maintenant un nom (Baby), une histoire (depuis un accident de voiture, il soufre d’acouphènes et étouffe ce sifflement permanent avec de la musique) et une motivation (il participe à des braquages pour rembourser une dette). Au cours du film, un objectif romantique vient compléter le tableau. C’est une histoire simple et Wright y ajoute le charme désinvolte nécessaire, grâce à une série de chansons bien choisies et quelques excellentes idées visuelles. La première course poursuite du film est une petite perle et lorsque Wright monte et chorégraphie même les fusillades sur le rythme de la musique, cela vous donne un vrai coup de fouet. Mais finalement, la réserve de trouvailles s’épuise plus vite que prévu, et comme ‘Baby Driver’ n’a pas grand-chose à raconter pour le reste, vous avez tout de même la sensation de rester un peu sur votre faim après deux heures de film. Un plus néanmoins: les caméos de musiciens comme Flea (Red Hot Chili Peppers), Big Boi (Outkast) et Jon Spencer. (rn) 3/5