Le parlement wallon donne son feu vert au nouveau gouvernement MR-cdH

Belga / B. Doppagne

Le parlement wallon a approuvé vendredi la motion de méfiance qui renverse le gouvernement PS-cdH et ouvre la voie au gouvernement MR-cdH par 39 voix contre 36.

La nouvelle majorité a reçu le soutien du député indépendant Pierre-André Puget. Le débat qui a précédé a illustré une nouvelle fois la rupture profonde entre socialistes et centristes après 13 ans d’alliance.

Le chef de groupe cdH, Dimitri Fourny, a rappelé les raisons pour lesquelles son parti ne voulait plus gouverner avec le PS, évoquant non seulement les affaires face auxquelles les socialistes auraient mis trop de temps à réagir, quand ce n’était pas à reculons, mais aussi leur attitude changeante.

Le PS exprime son « mépris » à l’égard du cdH

Selon lui, la cohérence et la loyauté dans l’exécution des accords de gouvernement était mise en péril. «Aujourd’hui, le parti socialiste est de plus en plus divisé entre sociaux démocrates responsables et néo-communistes aventureux», a-t-il lancé. «Nous pensions avoir signé en 2014 un accord avec des sociaux-démocrates, nous nous sommes retrouvés au final pris dans une course derrière le PTB».

Le PS n’a pas été en reste. Le chef de groupe, Christophe Collignon, a opposé son «mépris» à l’égard de l’intervention de son ex-partenaire de majorité. L’initiative du cdH se justifie uniquement, à l’entendre, par une tentative de sauver sa peau face à une érosion électorale devenue inexorable. «La raison majeure de l’arrêt de mort de l’actuelle coalition gouvernementale est ailleurs. Le cdH voit son avenir s’assombrir inexorablement. Son président a tranché: à tout prix, il faut sauver le soldat cdH».

La politique du nouveau gouvernement de droite se rapprochera de celle menée à l’échelon fédéral, a averti le PS. «En appelant le MR à la rescousse, M. Lutgen aura réussi un tour de force: il se rapprochera subtilement d’Anvers (fief du président de la N-VA, Bart De Wever). Le souffle du parti nationaliste flamand ne sera jamais loin d’ici».

Le MR sobre

Le MR a fait le choix de la sobriété dans son intervention. Le nouveau chef de groupe, Jean-Paul Wahl, a invoqué le sens des responsabilités de son parti. «La crise n’a pas été provoquée par le MR», a-t-il rappelé. «Nous avons considéré que nous ne pouvions pas empêcher les institutions de fonctionner».

Ecolo s’est tenu à équidistance du PS et cdH, coupables des mêmes maux, d’après lui. Il a pris note des engagements pris en matière de gouvernance par la nouvelle coalition. «Nous sommes loin d’un basculement: dès que l’on s’approche du coeur du système, le blocage persiste», a regretté Stéphane Hazée.

La motion n’a pas plus trouvé grâce aux yeux du PTB. «Ce à quoi nous assistons, relève plus du cirque politique que de la démocratie», a fustigé Frédéric Gillot.

Le nombre de voix atteint par la majorité

Aucun parti d’opposition ne s’est abstenu au moment du vote, qui a dû se dérouler par appel nominal en raison d’un problème technique. Aucune voix n’a manqué dans la nouvelle majorité. Les deux députées qui attendent un heureux événement étaient bien présentes. Un député était en revanche absent sur les bancs du PS.

Les nouveaux ministres ont ensuite prêté serment devant le parlement. Le ministre-président Willy Borsus (MR) était ensuite attendu au Palais de Bruxelles pour prêter serment devant le Roi.