Monaco remplit son aquarium de déchets pour dénoncer la pollution des mers

1060
Ph. Twitter

Le musée océanographique de Monaco, l’un des plus réputés de la planète, a vidé l’un de ses bassins de ses magnifiques spécimens pour le dédier à une installation choc: le bac est rempli de déchets marins.

Cette oeuvre, signée de l’artiste contemporain Philippe Pasqua, s’inscrit dans le cadre d’une campagne mondiale de lutte contre la pollution des mers par les résidus plastiques et les déchets urbains lancée jeudi avec une centaine d’aquariums, Le Cap, Hong Kong, Vancouver, Moscou, etc, et menée par l’Union européenne (UE).

A côté d’un bassin abritant des spécimens de la mer des Caraïbes, les visiteurs ont la surprise de découvrir derrière la vitre un amoncèlement d’objets non recyclables, seaux, parpaings, bottes en caoutchouc. Une terrible tête de clown aux cheveux bleus émerge d’un WC couvert de mousse.

Réactions positives

Le bassin est accompagné d’explications scientifiques. On lève la tête et quatre cartels détaillent les méfaits sur la faune marine des sacs plastiques, des mégots de cigarettes, ou encore des canettes métalliques. « On craignait la réaction négative des gens. Mais pas du tout. Ils sont fascinés et s’arrêtent devant l’aquarium et prennent des photos, et pas forcément de celui où il y a des beaux poissons de toutes les couleurs », observe Robert Calcagno, directeur général de l’institut océanographique.

« Je suis persuadé qu’ils vont oublier le nombre de milliers de tonnes de déchets jetées chaque année dans les mers (10 millions de tonnes ndlr) mais ils n’oublieront pas l’image. Et peut-être, on peut l’espérer, une bonne proportion sera plus attentive à ne pas jeter leurs mégots dans la rue, ou leurs coton-tiges dans les WC, au lieu de les mettre à la poubelle », ajoute-t-il.

Mesures

Monaco a prévu d’interdire tous les ustensiles de cuisine jetables début 2020. L’Union européenne pour sa part tiendra une conférence à Malte les 5 et 6 octobre sur la protection des océans. Les ballons de baudruche et les pailles plastiques sont aussi dans le collimateur.

D’après les estimations citées jeudi, il se pourrait que d’ici 2050, les mers du globe contiennent plus de plastique que de poissons.

SOURCEAFP
SHARE