PHOTOS. Au coeur du Pow-Wow de Wendake

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Ph. Laura Sengler

Célébration de la vie, rencontre culturelle, spectacle haut en couleur, le Pow-Wow de Wendake a réuni ce week-end plusieurs Nations autochtones d’Amérique du Nord sous le regard de nombreux visiteurs. Metro a pu assister à ce moment fort dans la vie de cette population.

C’est au rythme des coups du tambour (ou ‘drum’) représentant les battements de cœur de la Mère Terre que s’élèvent les voix profondes et envoûtantes des Premières Nations. Ce week-end, des membres de différentes communautés autochtones du Canada et des États-Unis se sont retrouvés pour un événement annuel incontournable: le Pow-Wow international de Wendake. C’est au sein du village huron-wendat du Québec qu’une centaine de participants ont partagé avec le public leur héritage culturel à travers l’exécution de danses et de chants traditionnels.

Ph. Laura Sengler

Un véritable moment festif durant lequel les autochtones se retrouvent dans un esprit de partage, de rites ainsi que de traditions. «Il s’agit d’un rassemblement durant lequel on va célébrer la vie mais également un lieu de partage de connaissances de différentes tribus», nous explique Daveen Moar de la communauté Atikamekw de Manawan. «Avant, il y avait différentes nations et on ne parlait pas tous la même langue donc danser était une manière de partager des histoires», rajoute Marie Céline Einish de la communauté Naskapi de Kawawachikamach.

Bien qu’il s’agisse souvent d’un rassemblement traditionnel et religieux, comme c’est le cas dans certaines communautés, à Wendake, les prestations des danseurs et drummers peuvent leur permettre de remporter de l’argent.

Ph. Laura Sengler

En piste

Chacune des danses – traditionnelle, de l’herbe, ‘fancy’, du châle ou encore des clochettes- a une signification bien précise liée aux croyances des Premières Nations. Pour Daveen qui performe lors de la danse traditionnelle des hommes, ces cinq minutes sur la piste veulent dire bien plus: «C’est également un moment de prière qui va te guider dans ta manière de danser. Un homme traditionnel représente un guerrier c’est-à-dire un chasseur. C’est une manière d’honorer l’animal que tu as abattu».

Ph. Laura Sengler

Une représentation qui prend tout son sens grâce au port du regalia, l’habit traditionnel. Il est composé de multiples couleurs, réalisé en fonction des rêves ou des visions envoyés par le créateur et est donc unique à celui qui le porte. Les plumes sont d’ailleurs offertes aux danseurs par la communauté, comme l’explique Daveen, et possède un symbole très fort. «Si une plume tombe [du regalia] c’est comme s’il y avait un guerrier à terre, il faut donc l’honorer. Un ancien doit alors la ramasser lors d’une cérémonie spéciale.»

Ph. Laura Sengler

Le cœur du Pow-Wow

Ces danses sont d’ailleurs indissociables des chants traditionnels réalisés au rythme du tambour qui symbolise l’essence même du Pow-Wow. Comme les Black Bear Singers, dont fait partie Daveen, les groupes s’exécutent tour à tour sous le regard du jury.

Black Bear Singers. Ph. Laura Sengler

Réalisés dans leur langue, les chants diffèrent de ceux interprétés lors du hand drumming, durant lequel les participants tiennent le tambour à la main et ponctuent les vocables de paroles en anglais.

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«Personne n’a pris de cours. On apprend en écoutant et en s’entraînant», nous explique Michel Tremblay originaire de la communauté de Kanehsatà: ke. Pour départager les participants, ce juge du Pow-Wow s’attarde avant tout sur le choix et l’originalité de la chanson mais veille également au beat de la musique et à sa réalisation à l’unisson. Divisés par catégorie d’âge, les danseurs seront de leur côté évalués sur le respect des pas ainsi que sur leur regalia notamment.

Ph. Laura Sengler

Moment de partage

Une compétition qui reste avant tout un moment convivial sous forme de partage de valeurs. Elle est d’ailleurs ponctuée par des danses intertribales durant lesquelles le public est invité à rejoindre les danseurs sur la piste. Une véritable découverte de la diversité culturelle qui n’est pas près de s’éteindre comme le confirme Daveen qui, après 15 ans de Pow-Wow, espère continuer le plus longtemps possible afin de perpétuer cette importante tradition.

Ph. Laura Sengler